Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 08:00

L'atterrissage se fait en douceur vers 8h45. Il fait beau à Brazzaville, avec quelques nuages. L'avion roule jusqu'au parking sur la piste en béton. Une nouvelle piste bitumée est en chantier et l'accès est barré par des blocs de ciment. Puis nous accédons à pied à l'aérogare. 


 

avion-piste-maya-maya

Sur la piste...

 

Mais il s'agit encore de l'ancienne aérogare. La nouvelle, impressionnante structure métallique recouverte de verre, n'est pas encore opérationnelle, bien qu'inaugurée en août 2010, peu avant l'anniversaire de l'Indépendance du Congo. Les trois passerelles téléscopiques attendront encore un peu...

Après le contrôle du passeport, un homme propose ses services pour porter mes bagages. Je lui répond que je n'en ai pas, ce qui est vrai car je ne suis parti qu'avec mon sac à dos. Peut-être ai-je répondu un peu sèchement et il me demande s'il a été incorrect avec moi. Je lui assure que non !

L'aérogare vétuste donne le triste spectacle d'un bâtiment sombre, déglingué qui sent la pisse et le poisson pourri... Voilà bien longtemps que le tapis à bagages et ses lamelles en fer ne tournent plus.

 

aerogare-maya-mayaAérogare(s) de Maya-Maya

 

Nous devons ressortir pour récupérer à droite du bâtiment les bagages de Manu. Sous un appentis, les voyageurs s'entassent. Je retrouve une dame dont j'avais remarqué dans l'avion l'élégante coiffure faite de nattes tressées, assemblées en 4 coques. Exactement comme sur certaines statues anciennes. Je n'ose lui demander de faire une photo de cette coutume ancestrale.

Un avion qui manoeuvre sur la piste nous envoie, à cause de ses réacteurs, un gros nuage de poussière. Il nous fait fuir et nous nous retournons pour manger le moins de poussière possible... Après quelques instants, Manu récupère ses affaires et me les confient au fur et à mesure.

 

aeroport-maya-maya

Devant l'aérogare de Maya Maya (© Baudouin Mouada - Jeune Afrique)

 

Nous sortons du piteux bâtiment pour rejoindre le parking. Nous croisons un certain Charly, connaissance de Manu, qui me serre la main et me souhaite la bienvenue. Dehors, je m'attendais à plus d'agitation, mais l'endroit est assez calme. Nous avons prévu de louer un taxi pour la journée.

Nous avons l'embarras du choix mais Manu tombe sur un "petit" de son quartier. Le jeune taximan a 23 ans et Manu le connaît depuis bien longtemps. Nous négocions le prix de la réservation... Après une discussion, que j'abrège, nous convenons d'un prix de 25 000 FCFA. La voiture paraît propre, en bon état. Il n'y a pas la clim, mais la chaleur est supportable en cette saison sèche. Nous sympathisons rapidement, il s'appelle Brice, presque comme moi !

 

Clin d'oeil historique

 

Le tout premier aéroport se trouvait à l'emplacement de l'actuelle avenue Matsoua, à Bacongo, deuxième arrondissement de Brazzaville. Il s'agissait à l'époque de l'avenue du Capitaine Gaulard, en hommage à l'aviateur disparu tragiquement dans un accident d'avion en 1935. L'aérodrome avait principalement une vocation militaire. L'aérogare a été transformée en salle de sport, je crois qu'il s'agit aujourd'hui de celle de Makélékélé.

 

gaulard-bacongo-aeroport-brazza 

Aérodrome du Capitaine Gaulard (avenue Matsoua) vers 1945 (carte postale)


La vieille aérogare où je suis passé, date de 1949 et le choix de l'emplacement résulte d'une cession de propriété entre M. Maya Maya (d'où le nom de l'aéroport) et les autorités de l'époque. La piste de 3300 mètres de long a permis d'accueillir rapidement les avions à réaction.

 

aerogare-maya-maya-brazza 

L'aérogare de Brazzaville en 1951 (© CAOM)

 

Après près de 4 ans de travaux, les nouveaux bâtiments sont vraiment en service depuis fin juin 2011. Peu de temps après mon passage... On détruit maintenant l'ancienne aérogare pour construire le deuxième module de l'aéroport, qui se veut ultramoderne. Il faut damer le pion à Kinshasa, rivale pour le trafic aérien régional. Brazzaville semble avoir une longueur d'avance sur son imposant voisin.


nouvel-aeroport-Brazzaville

Nouvel aéroport (Inzoweb.net ©)


Pourvu que dans le futur la maintenance suive ! Et que le bâtiment construit par les chinois tienne la route. Mais même l'aéroport de Roissy a connu des soucisil y a quelques années, par l'effondrement du Terminal E...

 

Sources :

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2594p085.xml0/

http://www.brazzaville-adiac.com/index.php?action=depeche&dep_id=41668&cat_id=4&oldaction=home&regpay_id=0

L'histoire du Congo à travers les rues de Brazzaville - Jean-Pierre Banzouzi -1986

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
commenter cet article
11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 07:00

En ce samedi matin, encore un lever matinal vers 4h45. Ceci d'autant plus que le réveil prend de l'avance à cause d'une légère surtension du courant fourni par le groupe électrogène de la résidence. Eh oui, Pointe-Noire est toujours soumise à une alimentation électrique aléatoire.

 

Il faut préparer le sac à dos. L'objectif est de partir pour Brazzaville que je ne connais pas, à part y avoir mis les pieds très brièvement lors d'un détour forcé en janvier 2009 (cf Voyage chaotique ). Comment venir au Congo sans voir le fleuve qui lui donne son nom ?

Après un petit-déjeuner rapide, un café et quelques madeleines (la paillote du Derrick n'est pas encore installée et le livreur de la boulangerie n'est pas encore passé !), je pars avec Manu vers 6h10, direction l'aéroport. La ville est encore endormie, la circulation très fluide, le jour se lève en quelques instants. Nous sommes donc en avance et nous attendons sur le parking, faute de pouvoir accéder à l'aérogare. Manu en profite pour mieux emballer l'un de ses colis. Il emporte du poisson séché pour sa mère.

Plusieurs vols matinaux sont prévus, et les voyageurs arrivent peu à peu, certains chargés de colis hétéroclites. Ainsi une femme transporte d'énormes marmites en alu ! Les couvercles sont scotchés. Est-ce une livraison ou bien les outils de travail nécessaires à la préparation d'un grand repas de fête ?


Nous pénétrons vers 7h dans l'aérogare. Pas de problème aux premiers contrôles. Il faut faire la queue dans la salle d'enregistrement. A deux reprises, des congolais me proposent de prendre mon passeport pour gagner quelques places dans la file... Je réponds poliment mais fermement que je garde mon passeport. Nous avons suffisamment de temps devant nous. Je présume également que ceci n'est pas désintéressé, et que l'on me demandera ensuite quelques billets contre le "service rendu"... Mieux vaut éviter les embrouilles de ce genre.

 

Avant l'accès à la salle d'embarquement, j'apprends qu'il faut payer des taxes ! Assis derrière une petite table en bois, deux agents sont chargés de la collecte. Une première taxe de 2 500 FCFA concerne la "RAC" (Redevance Aviation Civile) et une autre de 1 000 FCFA... je ne sais trop pourquoi. On nous colle des timbres fiscaux sur nos billets d'avion. Embrouille au moment de rendre la monnaie, notre interlocuteur n'a pas bien compris que je payais pour Manu.

 

billet-tac-taxe

Billet de la TAC avec ses timbres taxe (800 + 200 FCFA)


Nous subissons un contrôle très succinct des bagages à main. Puis nous attendons dans la salle d'embarquement du rez-de chaussée.

Le vol précédent de "Canadian Airways Congo" (étrange nom...) est prêt à décoller. Une femme traverse la salle avec un énorme paquet posé sur la tête. Elle a dû rater l'heure limite de dépôt des bagages ! Elle pourra ainsi rejoindre l'avion. Impossible en France de pratiquer ce genre de raccourci.


Quant à nous, nous avons opté pour la TAC (Trans Air Congo) compagnie à peu près fiable (comparée aux autres oeuvrant localement), sans être pour autant dans les critères internationaux. Le site internet sans informations n'est guère rassurant (cf link) !!

C'est à notre tour. Nous cheminons sur le tarmac. Pour commencer, on fait des trous dans notre timbre taxe de la RAC. On a ressuscité au Congo, le poinçonneur des Lilas, cher à Gainsbourg.


timbre-rac-congo-avion

Timbre taxe de la RAC (2500 FCFA)... troué !

 

C'est bien sûr pour éviter la réutilisation des dits timbres. Ensuite, au pied de l'avion, Manu doit identifier ses bagages avant qu'ils ne montent dans la soute. Je n'ai qu'un sac à dos que je garde avec moi.

Je monte l'escalier et constate une grosse fuite sous l'appareil. Moment de doute... Je m'arrête au milieu de la montée. Le commandant qui par hasard me suit, me rassure : "C'est l'eau de la climatisation !". En tout cas, cela ne sent pas le kérosène.

Nous n'avons pas de numéro de siège et nous nous plaçons où nous voulons. L'avion n'est pas complet. Un second vol, moins onéreux, part plus tard de Pointe-Noire.

Du côté du hublot, je peux admirer le paysage. Au départ, nous survolons une grande forêt d'eucalyptus, aux longues allées rectilignes (cf Sur la route de Mengo ).

 

avion-collines-brazza

Collines à l'approche de Brazzaville

 

Nous quittons la terre sableuse du rivage pour atteindre la forêt du Mayombe. L'étendue immense du massif forestier, la couleur plus sombre des arbres, les crêtes qui se succèdent, forment un superbe ensemble (cf Route de Dolisie : zone non déforestée ).

J'identifie ensuite les collines des environs de Dolisie (cf A l'approche de Dolisie : collines verdoyantes ). En résumé, je découvre du ciel, ce que j'ai vu à terre lors de mes précédents voyages. Puis nous abordons la plaine, qui m'est inconnue. Le fleuve Niari serpente joliment, entouré d'une guirlande de végétation plus fournie. Il contourne plus au nord le Mayombe, pour se jeter dans l'océan Atlantique, en n'oubliant pas de changer de nom, puisqu'il s'appelle alors Kouilou (cf Bas-Kouilou : le pont et l'embouchure du fleuve ) ! Des collines dénudées apparaissent, seuls les creux sont encore garnis de végétation. Brazzaville n'est plus bien loin...

Manu cherche à me montrer un rond-point qu'il connaît au sud de Brazza et qu'il a repéré, mais je ne le vois pas.

 

 

avion-atterissage-brazza

Atterrissage à Brazzaville : habitations aux toits rouillés

 

Je prends en fin de trajet quelques clichés avec l'appareil de Manu. Nous n'avons pas droit au message d'interdiction de photographier sur ce vol national. Mais de toute façon, cela ne soucie guère mon accompagnateur. Après ce cours de géographie illustrée du Congo, la verte campagne cède soudain la place aux toits en tôles rouillées. Nous nous rapprochons rapidement du sol. Après 45 minutes de vol, voilà donc Brazzaville ! 

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories