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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 10:45

De retour au centre de  Dolisie, j'effectue quelques achats pour la route. Quelques fruits et des biscuits achetés dans un magasin tenu par des moyens-orientaux feront office de repas. Ces boutiques où s'empilent les marchandises en tout sens sont surprenantes. 

Je demande à Honoré pourquoi les congolais ne tiennent pas ce type de magasin. Il m'explique qu'il serait difficile à un local de refuser de donner quelque chose à manger à sa famille ou à une connaissance. Comme tout le monde se connaît, c'est la faillite assurée ! Le commerce est donc largement laissé aux étrangers (Ouest-Africains, Moyens-Orientaux). La culture de la solidarité prime donc sur le sens des affaires.


Au moment de partir, je salue amicalement Godefroy et le remercie de nous avoir accompagné dans la découverte de Dolisie et de ses environs. Nous partons vers 11h30. La sortie de la ville se déroule sans problème. On est loin des éternels bouchons de Pointe-Noire ! 

Nous passons sans difficulté le contrôle policier à la sortie de la ville. Nous ralentissons devant le baobab de Brazza pour le montrer à Justice (qui n'était pas avec nous à l'aller). Honoré remarque la grande carrière de pierre qu'il n'avait pas vu hier. Dans les environs, Manu décide d'acheter un régime de bananes, "pour faire du poids à l'arrière" du véhicule. 

J'apprends aussi que le coffre a été lesté par l'achat au marché de Dolisie par Honoré... d'une antilope !! Sa mère sera paraît-il très contente de préparer cette viande de brousse. Quelle bande de cachotiers, personne ne m'avait rien dit.

 

Nous commençons l'ascension du massif forestier. Nous montrons à Justice les ouvrages d'art en béton pour retenir la terre et la route en devenir.

 


 

mayombe-route-dolisie

Route du Mayombe

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 09:45

Reprenant le chemin herbeux, nous nous arrêtons au niveau d'un piège (pas vu à l'aller). Il est de grande taille, avec des perches en bois, et des pierres rouges. Le mécanisme du piège est cependant désamorcé.

Je ne sais plus très bien si Godefroy a expliqué que c'était un piège pour capturer des sibissi (aulacode) ou des nkabi (antilope). Enfin, peu importe l'animal qui se fait piéger !


 

dolisie-lac-piège

Piège écraseur (2010)

 

Godefroy précise que pour attirer l'animal, il faut répandre de "l'urine de papa" ou bien du jus de poisson pourri. Sympa comme fumet ! 

 

Cette technique du piège écraseur est ancestrale. En bas du plan incliné un fil est tendu. Le moindre déplacement du fil libère le bâton qui soutient le plateau en bois. Celui-ci lesté de pierres s'abat alors sur l'animal, ainsi pris au piège ou tué sur le coup.

 

piège écraseur-congo

Piège écraseur vers 1960 (© Pierre Vennetier)

 

Nous empruntons derechef la piste ocre (Nationale 3). La poussière oblige Manu à jouer des essuie-glace. Quelques cultures maraîchères sont visibles à l'approche de Dolisie. Un camp militaire est également implanté sur cette route du Gabon.

 

dolisie-lac-piste-ocre

Route Nationale 3     

 

Au niveau des travaux de la route Nationale 1 (contournement de la ville coupant la Nationale 3), je repère deux beaux arbres perchés sur une gracieuse colline verte. Leur long tronc grisâtre se termine par une élégante frondaison. Vont-ils être épargnés par les travaux ?

 

 dolisie-arbre-nationale3

Arbres élancés

 

Nous avons aussi longé un cimetière, perdu au milieu de nulle part. Mes compères évoquent les vols qui sont commis en ces lieux. Je leur demande ce qui est volé, le bois des cercueils ? Non, c'est pire, on vole les corps pour en récupérer les os !! Les corps encore "trop frais" sont bouillis pour en détacher la chair... Blurp, l'horreur est au coin de la piste !

D'après mes compagnons, des rites de ce type seraient pratiqués par des Nigérians. L'utilisation de morceaux de corps humain comme fétiche ou remède miracle semble encore avoir lieu en Afrique. Des rumeurs courent même au Congo sur le fait que des ossements seraient revendus en Europe... pour fabriquer des médicaments !! 

Je rassure mes amis congolais sur le peu de crédit à accorder à cette rumeur. Un trafic intercontinental d'ossements ne passerait pas inaperçu. Je ne peux pas croire que la chimie moderne et la galénique utilisent comme matière première ces os. Aucune substance issue de l'os (composé principalement de calcium, magnésium, phosphore et autres sels minéraux) n'est suffisamment rare pour justifier un tel commerce morbide et illégal.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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