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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:00

Réveil matinal. J'ai mal dormi. Le lit est inconfortable, le matelas est constitué d'une mousse plastique très dure. De même pour l'oreiller... Du béton ! La chambre est mal insonorisée et a des ouvertures de tous les côtés. Je suis à l'étage et j'ai ainsi bien entendu l'appel à la prière du muezzin, de la mosquée assez proche (on est passé devant hier soir). Appel vers 22h30, et comme je le craignais, appel vers 5h du matin ("Allah Ouakbar..."). Un haut parleur est utilisé, mais je ne sais pas si c'est un message enregistré ou pas.

La climatisation murale ne marchait pas et une mobile a été mise en place, mais le tuyau sort par la fenêtre entrouverte. Efficacité très limitée, je l'ai ensuite éteinte.

 

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Vue sur les toits de Dolisie 

 

Vers 6h du matin, ce sont les chants virils des militaires à l'exercice qui sont montés des rues de Dolisie. Un groupe d'hommes aux tenues dépareillées, au pas de course, a traversé la place. Et puis dès 7h, c'est la musique des boutiques qui est remise en route. Bref, il ne faut pas compter faire la grasse matinée ici !

 

Ne sachant pas si mes compagnons de voyage sont réveillés, je passe un peu le temps en regardant par dessus les toits. Derrière les façades des boutiques, les arrières-cours révèlent un enchevêtrement de maisons recouvertes de tôles rouillées. Certaines cases en brique, au toit à 4 pans, semblent anciennes. Peut-être datent-elles de la fondation de la ville dans les années 1930 ou pour le moins des années 1950 ?

 

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Case ancienne dans le centre de Dolisie

 

Nous avons dû réclamer une serviette de toilette à notre hôtelier débutant. Il nous a fourni une minuscule serviette bleue, très fine. A l'utilisation, c'est une horreur, elle n'essuie rien et les peluches vous collent à la peau. L'hôtel conseillé par Godefroy parassait bien, mais à l'usage les petits défauts s'accumulent...

Manu et Christ sont chacun dans leur chambre du rez-de-chaussée. Après la douche et l'essuyage délicat, je descends les voir. Ils ne sont pas tout à fait prêts. 

Vers 7h45, nous filons vers la patisserie E.G.B. Le café est bon, les croissants aussi, mais l'accueil laisse à désirer... Les serveuses ont vraiment l'air de détester le travail qu'elles font. Je règle l'addition et Manu demande la monnaie. On lui répond : "C'est pas moi qui vous ai servi"... En quoi cela empêche t-il de rendre la monnaie ? Manu n'est pas content et dit qu'il ne mettra plus les pieds ici. C'est sûr que les jeunes vendeuses de la patisserie Selé à Brazzaville étaient plus sympas (cf Brazzaville : petit-déjeuner dominical (suite)... ). 

  

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Place et marché de Dolisie

 

Nous retournons à l'hôtel où Godefroy vient nous saluer avant notre départ. Je ne lui fais pas part de mes petits griefs... sauf celui de la serviette de toilette, le plus désagréable. Je demande à Manu de mettre du liquide lave-glace dans notre Jeep. Car rien ne sort des gicleurs ! L'hôtelier possède au rez-de-chaussée une petite boutique de mécanique et peut nous aider en cas de problème.

Je monte boucler mes bagages. Quand je redescends, j'apprends en fait que le réservoir du lave-glace est percé ! Le loueur s'est bien gardé de nous le dire...

Je règle l'hôtelier. Il nous propose de revenir chez lui lors de notre retour... Ce n'est pas sûr ! Nous disons au revoir à Godefroy et nous voilà partis, direction la vallée du Niari.

 

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Rond-point avec la sculpture symbolisant le Mayombe

 

Le ciel est chargé de nuages ce matin. Manu se plaint d'un mal d'estomac. Je lui conseille d'arrêter le piment... Nous prenons la direction de la Nationale 1. Mais nous n'allons pas très loin, car nous sommes stoppés par un contrôle policier. Coup de sifflet. Papiers du véhicule... Zut, c'est un point que nous n'avons pas vérifié dans la précipitation de notre départ de Pointe-Noire.

Évidemment, il manque le contrôle technique et la carte grise est un récépissé provisoire, dont la date limite a expiré... Palabres avec la femme et l'homme qui nous contrôlent. Finalement, tout s'arrange avec de petits cadeaux que Manu leur donne.

Nous avons perdu un peu de temps, mais retrouvons le grand rond-point où trône une sculpture symbolisant les montagnes du Mayombe, traversées par la toute nouvelle Nationale 1. Cette fois, c'est parti ! 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 17:00

Après notre halte à Moukondo, nous ne sommes plus qu'à quelques kilomètres de Dolisie. La nouvelle nationale contourne la ville et nous avons du mal à reconnaître le trajet.

C'est moi qui finalement guide Manu, et lui indique de prendre à droite à un rond-point. Nous traversons ensuite la voie ferrée et arrivons près du marché central, lieu de rendez-vous avec Godefroy, notre contact local.      

J'entends l'oncle de Manu lui dire, "Tu ne m'as pas appelé, comment tu as fait ?". Sous entendu, pour arriver à bon port. Et Manu de répondre : "C'est grâce à Monsieur Fabrice, il a de la mémoire !". Je salue chaleureusement Godefroy en sortant de la voiture. Il nous avait "guidé" lors d'une précédente visite à Dolisie.

Sur ses conseils, nous visitons un hôtel situé près de là. Il n'est pas encore officiellement ouvert, mais sa relation nous propose trois chambres pour un prix raisonnable. C'est labyrinthique, mais propre et neuf, marché conclu !

 

Après avoir débarqué les bagages, comme nous n'avons presque rien mangé à midi, nous ne tardons pas à rejoindre un petit resto. Là encore, c'est Godefroy qui choisit d'aller chez "Mboungou Paul", avenue Félix Eboué. Nous commençons par boire une bière, une Doppel, bière brune identifiable par son taureau sur l'étiquette.

Nous sommes assis près du sentier et un groupe de jeunes passe. Un jeune homme se retourne trois fois en 20 s pour regarder le Blanc attablé ici... A la troisième fois, je lui fais un signe de la main ! Un large sourire illumine alors son visage et il me fait aussi un petit signe, comprenant peut être que son regard était un peu trop appuyé. Manu plaisante : "Tiens, Monsieur Fabrice connait quelqu'un !".

La femme de Godefroy passe nous dire bonjour, mais ne restera pas diner avec nous.

 

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Godefroy tenant le sibissi, à droite, le chasseur 

 

Nous commandons à manger. On nous propose du singe... Tout le monde refuse. Manu choisit l'un de ses plats préférés, le "boa", Christ et moi optons pour du machoiron. La nuit tombe et nous sommes obligés de déménager sous l'unique ampoule de la terrasse. Christ me conduit à l'intérieur pour me montrer où on peut se laver les mains. Un bidon à robinet est posé sur une chaise avec une cuvette en dessous. Rudimentaire, mais c'est mieux que rien.

Nous mangeons notre poisson avec du manioc. Pour une fois, il n'est pas rance ! Il doit être fraîchement préparé. C'est toujours aussi visqueux, mais sans goût particulier. Nous avons bien fait de déménager sous l'ampoule, même faiblarde, c'est mieux pour trouver les arêtes...

 

Au cours du repas, Godefroy veut me montrer quelque chose. Il m'emmène à l'intérieur où quelques hommes sont attablés. Il sort d'un sac, un gros rat, un sibissi ! Un jeune chasseur est venu le vendre au restaurateur. Un peu comme autrefois en France, à la campagne, où le chasseur vendait son gibier au restaurateur du village. Je prends Godefroy en photo tenant le bel animal. Je demande comment il a été capturé. Il m'explique que c'est par un piège comme celui que nous avions vu, il y a deux ans, près du lac bleu (cf  Dolisie : retour du "lac bleu").

 

 

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Souris morte...    

 

Quand nous quittons la terrasse du restaurant, une souris passe entre les jambes de Manu. Il arrive à la tuer d'un coup de talon ! C'est le deuxième petit rongeur que je croise dans la journée, après celui de l'épicerie de Pointe-Noire.

 

hotel-dolisie-niari    

Hôtel de Dolisie    

 

Direction l'hôtel. Comme celui-ci ne fait pas de petit-déjeuner le matin, nous allons repérer l'emplacement d'une pâtisserie (près de la voie ferrée). Trajet à pied, qui nous permet de faire une promenade digestive. Nous cheminons dans la pénombre le long de l'avenue, au gré des lampadaires qui fonctionnent... ou pas ! Il faut faire attention aux pièges constitués par les caniveaux creux, inégalement recouverts de plaque de béton. Des "mamans" font cuire du poisson sur de la braise et le vendent au quidam de passage. 

Nous passons devant une petite mosquée et devant chez "Bayonne" où nous avions diné précédemment. Le repérage fait, au retour, Godefroy propose de prendre une bière sur une petite place en face du marché. Nous nous installons dehors devant le bar dénommé "Place Vandome". Nous voilà au coeur du luxe parisien ! Mais dommage, c'est avec une faute (il aurait dû écrire Vendôme). Nous passons toutefois un agréable moment à discuter de choses et d'autres, au centre de Dolisie, dans la douceur nocturne. Manu me rappelle que nous sommes près de la boutique où un commerçant Mauritanien m'avait parlé en Arabe. Je me souviens fort bien qu'il m'avait pris pour un Libanais !

Godefroy nous parle de son travail pénible de chauffeur de camion, de son maigre salaire. Et surtout de son problème de cotisation retraite (7,5% tout de même). Elle ne semble pas être versée à la caisse par son employeur, car il ne dispose même pas d'un numéro d'inscription à la dite caisse. Il doit se battre pour faire régulariser la situation. Misère...

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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