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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 19:00

Accompagné de notre GPS vivant dénommé "JP" nous sillonnons les rues de Dolisie... Nous traversons la voie ferrée, passons devant l'hôpital (ou une annexe ?), tournons à droite et sur un chemin de terre battue, nous découvrons le "Mess Gaps". 

Nous jetons un oeil au resto. Il paraît tout à fait charmant. Ayant pris nos points de repère, nous raccompagnons JP et sa femme au centre-ville. Manu apprendra plus tard que son ami aurait bien aimé rester avec nous, mais sur le coup il n'a rien dit du tout...

 

dolisie-gaps-mess

 

Nous retrouvons sans encombre, en dépit de la nuit tombée, le restaurant. Nous sommes accueillis par Martha, la femme de Gaps. Après quelques questions sur notre provenance, elle nous installe sur une table qui n'est pas apprêtée. Nous n'avons pas réservé et les tables déjà dressées sont visiblement pour les habitués...

 

Notre commande est prise par une serveuse débutante. Elle est hésitante et se fait rabrouer par la patronne à plusieurs reprises... Ce qui déplaît à Manu qui considère que ce n'est pas la bonne méthode d'apprentissage !

Je commande des "missalas" (crevettes d'eau douce), spécialité de la maison, et Manu opte pour du "sibissi" (aulacode cf Dolisie : vous avez-dit "sibissi" ? ). Je demande la carte des vins. Je compte arroser mon anniversaire avec mon chauffeur qui n'a pas pu venir l'autre soir (cf Vie quotidienne : jour anniversaire (suite) ) chez Patrice.

Je choisis un Bordeaux 2007 et la serveuse m'amène une autre bouteille... Je lui fais remarquer et elle corrige son erreur. Sait-elle correctement lire ou est-ce le stress de la débutante ?


Manu a amené une bouteille d'eau prise dans la voiture. Une petite économie vu les prix assez élevés pratiqués... Je ne sais pourquoi, Manu retourne chercher du pain dans notre véhicule ! Sans doute pense t-il que nous n'en aurons pas... Mais nous ne sommes pas dans un n'ganda !! Entre temps, la corbeille de pain est arrivée ce qui évite au chauffeur de sortir le notre de son sac en plastique.

Il ne fait pas chaud car le restaurant est en fait ouvert d'un côté. Pas de clim et pas de moustiques. Etrangement, je ne me suis jamais fait piquer à Dolisie.

 

Je repère Gaps installé à la grande table d'en face, celle des habitués. L'homme à la barbe grisonnante, de petit gabarit, semble avoir la soixantaine. Il accueille ses hôtes et plaisante avec les uns et les autres.

Gaps (de son vrai nom, Gérard Athané) réside en Afrique (Gabon et Congo) depuis une quarantaine d'années. Il a donc pas mal bourlingué et est paraît-il un fabuleux conteur. 

 

dolisie-gaps-resto

A l'intérieur du restaurant

 

A côté de nous, ont pris place deux vieux italiens. Au cours du repas, il discute avec "Mme Mireille", une congolaise qui je crois comprendre travaillait dans la même entreprise.

La télévision diffuse le match de foot France-Roumanie. Cela excite quelques spectateurs dont un congolais au verbe haut. C'est visiblement une personnalité locale (un ancien ministre ?).

D'autres invités arrivent à la table principale, un homme ayant fait aujourd'hui comme nous le trajet depuis Pointe-Noire et un couple de jeunes. Le jeune homme est surnommé "Guillaume le conquérant" par Gaps. Ceux qui ont fini de dîner jouent au scrabble.

Mon pauvre Manu s'endort à table, l'effet du vin et de la fatigue... Ce n'est pas le seul à être fatigué car Gaps s'éclipse discrètement vers 21h30. Nous n'aurons pas droit au récit d'une aventure africaine mêlant faits réels et part de légende, selon la tradition du conteur.


Un joueur de foot dont le nom a une consonance congolaise (M'vila) retient l'attention de l'assistance. C'est le passeur décisif pour le buteur qui permet à la France de remporter in extremis le match deux buts à zéro. Voilà l'équipe de Laurent Blanc sauvée de la débandade cette fois-ci !

Je secoue Manu pour qu'il se réveille. Nous ne prenons pas de dessert. La note est tout de même de 35 000 FCFA (pour 2 plats et une bouteille de vin). Martha nous informe qu'une balade est prévue demain matin avec un guide pour explorer les environs de Dolisie. A partir du village, une bonne heure de marche est à faire. Le rendez-vous est fixé vers 9 h au restaurant. En discutant de nos autres projets, Martha ne voit pas l'intérêt de faire la boucle par la route du Gabon et de redescendre vers Malélé. C'est une bonne idée ! Au lieu de faire des heures de voiture, une petite balade à pied. Le but est la découverte d'une cascade.

 

Manu me reconduit à l'hôtel. Je coupe la clim et trouve rapidement le sommeil... Mais pas pour longtemps ! Il y a deux bars dans les environs et la musique résonne jusqu'à deux heures du matin. J'entends beaucoup plus le bruit car je suis à l'étage. De plus, un abruti de coq n'arrête pas de chanter alors qu'il fait nuit !! Va t-il finir par se taire... Eh bien non, et je ne passe pas une très bonne nuit.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 17:00

Notre premier objectif est de retrouver l'hôtel où Manu avait passé la nuit. Nous prenons la direction du centre-ville, tournons à droite devant l'église Fatima, puis deux ou trois rues après l'église évangélique (cf Dolisie : chez "grand-mère" à la cité ), nous bifurquons à gauche.

Derrière une palissade de tôles rouillées, nous entrons dans un bar bruyant, plongé dans la pénombre. Quelques convives ont visiblement abusé de la bière... Un couple (légitime ?) sort d'une chambre derrière le bar.

Le réceptionniste nous mène à l'arrière de l'accueil, où le cadre est plus agréable. Il montre à Manu au bout du couloir, une pièce de 8 à 10 m2, propre mais humide et sans ouverture. Les toilettes sont à l'extérieur... Un poster romantique d'un couple d'amoureux (Blancs...) surplombe le lit. 

Nous ressortons pour discuter. Manu aimerait ne payer que 8 000 FCFA (comme la fois précédente) mais le tenancier reste bloqué à 10 000 FCFA. Notre interlocuteur mâche une enveloppe de préservatif ! Tout semble indiquer que le lieu sert d'hôtel de passe... Je règle le montant de la nuit et je reçois en échange une facture de l'Eden II. Ce n'est pas le paradis, mais certains montent ici au septième ciel... Manu demande quand même que du désodorisant soit passé dans la chambre pour masquer l'odeur d'humidité.

 

A mon tour de trouver une chambre, nous faisons demi-tour, direction l'aéroport et l'hôtel La Renaissance (cf Dolisie : réservation d'hôtel ). Une dame nous accueille. Nous demandons à voir les chambres libres.

Manu raconte que je suis déjà venu ici. Notre hôtesse me fait alors la bise et me prend par la taille, comme si nous étions de vieux amis !! Soit elle me confond avec un autre client, soit elle est très entreprenante... La chambre 7 au rez-de-chaussée coûte 35 000 FCFA, la chambre 9 à l'étage coûte 25 000 FCFA. Elle est plus petite mais j'opte pour celle-là.

 

Etant à l'abri pour la nuit, nous buvons une bière dans le bistrot d'en face. Il faut bien se désaltérer après notre poussiéreux trajet. Un jeune homme nous cède gentiment sa place à une table située à l'extérieur. A côté, une bande d'amis accumule les bouteilles et le volume des discussions augmente peu à peu.

Un avocat tombe de l'arbre en face de nous (cf Dolisie : avocatier reverdissant ). Je vais le ramasser. C'est la première fois que je récupère le fruit mûr en direct ! Le serveur ayant vu mon action, m'offre un deuxième avocat. Sympa ! Manu m'explique qu'il s'agit "d'avocats de la saison sèche", le fruit poussant sur l'arbre presque sans feuille. En ce début octobre, la nature commence tout juste à redémarrer.


L'obscurité arrive peu à peu... Je monte mes affaires dans la chambre. Je constate que tout est resté allumé, y compris la télé ! La tenancière ne craint pas les factures d'électricité...

En redescendant, je croise une jeune garçon qui nettoie les marches. Il me semble le connaître. Hésitation... Une fois dans la voiture, j'en parle à Manu. Il s'agit bien de Prince-Amour qui nous avait servi de guide (cf  Dolisie : le pont du km 13). Je retourne le saluer. C'est impressionnant, en 4 mois, il a considérablement grossi. 

 

J'évoque avec Manu le restaurant "Gaps" où nous pourrions manger ce soir. Pour les autres petits restos, il faut souvent commander à l'avance. En redémarrant, coïncidence, nous tombons sur son ami JP et sa femme. Je lui fais un signe de la main. Il me répond mais visiblement ne m'a pas reconnu... Manu les interpelle et cette fois-ci la réponse est plus chaleureuse. Nous proposons de les ramener chez eux en échange d'un guidage vers le restaurant sus-nommé... C'est parti !

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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