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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 14:00

A la bifurcation de Malélé, nous filons en direction de Doumanga et commençons l'ascension du Mayombe.

Après une trentaine de kilomètres, nous prenons une piste à droite, pour rejoindre le village des Saras. Nous passons devant une carrière où des camions s'activent, en dépit du fait que nous sommes dimanche. Après 5-6 km je crois, nous arrivons dans le village. 

Nous nous garons près d'une petite station essence qui affiche fièrement le nom du village, au pied d'une colline. Le vert est présent partout ici et quelques maisons en brique émergent de la végétation.

 

saras-congo-village-brique

Au pied de la colline (© FabMoustic)

 

Impossible d'aller plus loin. La piste ocre qui s'ouvre devant nous est complètement ravinée et nous risquerions d'être bêtement bloqués avec notre véhicule, dans cette montée assez ardue.

 

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Piste ravinée (© FabMoustic)

 

Pas de problème, découvrons le village à pied ! En arrivant, impossible de louper la petite tour de la gare qui dépasse d'une tête les modestes bâtisses.

Nous prenons donc cette direction et sommes très rapidement devant la gare du Chemin de Fer Congo-Océan, qui porte le nom de ces ouvriers venus du Tchad pour participer à sa construction.

 

saras-congo-gare-cfco

Gare CFCO Les Saras (© FabMoustic)

 

La petite gare présente le visage classique des gares secondaires du réseau CFCO. C'est une copie quasi conforme de celle de Favre (cf Moubotsi : la gare de Favre ). Située au kilomètre 100 (en partant de Pointe-Noire), il s'agit d'une simple "halte" ferroviaire qui a pris place dans un village dénommé auparavant Mboulou.

 Quelques chèvres et poules déambulent ça et là comme à l'accoutumée. Des femmes cheminent, toujours lestés de leur lourd panier, sanglé sur le front.

 

saras-congo-gare-mayombe

Bâtiment annexe de la gare (© FabMoustic)

 

Manu demande des informations auprès d'un villageois, devant un bâtiment annexe de la gare qui a conservé ses faux pans de bois. Entre les deux constructions, une bicoque recouverte de tôles affiche "Restaurant - Buffet de la Gare - Boucherie". Cela a l'air tout petit, je me demande bien où se mettent les clients !

 

Dominant le quartier de la gare, on ne peut que remarquer l'édifice de la gendarmerie nationale. Datant très probablement de l'époque coloniale, il présente de larges arcades et en impose. 

 

saras-congo-gendarmerie

Gendarmerie du village Les Saras (© FabMoustic)

 

Sur les conseils du villageois, nous prenons ensuite un petit sentier au milieu des habitations, pour grimper sur la colline où se trouvent nous dit-on, d'autres constructions anciennes.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 17:00

En fin de parcours, je peine un peu et je ne suis pas mécontent de retrouver notre véhicule. Il faut tasser les bagages à l'arrière pour caser nos deux auto-stoppeurs, sans écraser les achats de Manu (bananes, ignames et surtout ce qu'il appelle "légume", sorte de longues feuilles vertes). On s'hydrate et on grignote quelque chose. J'ai ramassé une bouteille d'eau le long du chemin... Je fais la leçon, on ne jette pas de plastique dans la nature ! Le plastique met plusieurs centaines d'années pour être biodégradé.

Nous voilà repartis par le sentier et rejoignons rapidement la Nationale 6. Une bien grande qualification pour une piste en mauvaise état...

Mais Manu s'arrête peu après à proximité d'une source. Il veut se laver pour "refroidir le corps" après l'effort. Admettons ! Il avance un peu le véhicule pour ne plus être dans le virage, et aussi pour préserver son intimité. Christ le suit dans sa volonté de rafraîchissement aquatique.

Pendant qu'ils se lavent, j'essaie de dialoguer avec notre nouvel auto-stoppeur. Mais il fait parti des mutiques. Il doit avoir une très faible maîtrise de la langue française. Il se prénomme Adolphe. J'explique à Christophe que c'est un prénom qui a presque complètement disparu en France après la Deuxième Guerre Mondiale. Trop connoté...

Christophe quant à lui aimerait bien avoir une moto pour ne plus être prisonnier des aléas de transport. Le deux-roues aurait intérêt à être solide pour affronter les pistes défoncées !

Pendant notre halte, deux grumiers s'arrêtent un peu avant nous. Ils sont conduits par des malaisiens. Ils font le plein d'eau à la source et cassent la croûte au bord de la piste. Deux sociétés malaisiennes exploitent depuis une dizaine d'années des forêts des régions Kouilou- Niari-Lékoumou (principalement pour en retirer l'okoumé, le limba, l'afrormosia et l'acajou). Respectent-elles le cahier des charges strict du permis d'exploitation, pour ne pas surexploiter la forêt et oeuvrer à sa régénération ? C'est tout l'enjeu.

En tout cas, pour Manu et Christ, c'est raté pour la tranquillité de la baignade !

 

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Trajet Sounda - Pointe-Noire, la portion en jaune est la plus difficile (© IGN)

 

Nous reprenons le pénible trajet d'une soixantaine de kilomètres de piste cahoteuse. La nuit tombe. L'odeur du savon de l'hôtel de Nkayi émane du corps de Christ...

Etrange apparition, nous croisons (vers Louvoulou je crois) une procession religieuse. Dans la pénombre, les gens cheminent en portant des bougies et en ont déposé de grands cercles en plusieurs endroits. Des stations de prière je présume. Est-ce que ce sont des adeptes du "bougisme", survivance du mouvement mystico-religieux initié par Zéphyrin Lassy dans les années 1950 ?

Christophe regrette le gaspillage des bougies qui coûtent cher. Certaines se sont éteintes après le départ des fidèles. Ces bougies non consumées feront peut-être le bonheur de quelques-uns...

A Malélé, Manu s'arrête deux minutes pour donner au policier de faction, un savon et un rouleau de papier toilette. Sans doute l'avait-il promis à l'aller. Symptomatique du dénuement des fonctionnaires...


Après le péage fantôme de Malélé, nous retrouvons, soulagés, la route goudronnée. Encore environ 70 kilomètres à faire. Nous roulons plus rapidement, mais nous rencontrons plusieurs camions en panne, arrêtés en pleine voie. Ce qui est nuitamment assez dangereux.

La fatigue se fait aussi sentir, la journée a été longue depuis notre départ de Dolisie. Manu prend pendant un court moment la route à contre-sens ! Il a fait un écart et est obligé de passer par dessus un petit terre-plein en béton pour rétablir la situation.

Au péage de Mengo, Manu prend à gauche alors que la seule voie ouverte est à droite ! Je le rappelle à l'ordre... pour le remettre sur la bonne voie. Il est temps d'arriver !

Nous retrouvons les faubourgs de Pointe-Noire, ce qui oblige le chauffeur à rouler plus lentement, ce qui n'est pas plus mal. Nous laissons Christophe et Adolphe à Mvon-Mvon. Les deux hommes viennent me serrer la main pour me remercier.

Avec tout cela, il est près de 22h quand j'arrive au Palm Beach. Patrice n'est plus de service, mais a laissé des consignes à son collègue. Sympa ! J'ai une chambre réservée, je peux dormir tranquille. Surprise, je retrouve Gauthier et Jacques à l'accueil à cette heure avancée. Je leur dis de revenir demain pour finaliser nos affaires en cours...

Manu se charge de reconduire Christ chez lui, et rendra le véhicule demain à notre loueur. Après l'avoir lavé, il en a bien besoin après plusieurs jours d'expédition !


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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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