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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 13:45

Nous voilà de retour près de la voiture, devant la maison de Jules. Personnellement, je n'ai pas vu le temps passé. Il est presque 15 heures et nous n'avons rien mangé. Il fait assez chaud, je m'hydrate donc. Josiane, bien que peu bavarde, semble satisfaite de la découverte du village et même émue devant l'accueil qui nous est réservé.

Je demande à notre guide combien il a d'enfants. Sa progéniture s'élève à 9 enfants (Donald, Herman, Ingrid...). Je distribue les quelques bonbons qui me restent aux garçons présents. Mais je n'en ai pas pour tout le monde... Cela chagrine le père de famille. Jules me dit "Qu'est ce que je vais donner à mes filles ?".

L'un de ses fils me demande si j'ai un ballon à lui donner. Le pauvre n'a qu'un ballon de foot crevé pour jouer. Mais je n'en ai point de rechange... L'un de ses fils plus âgé est scolarisé au lycée M'paka à Pointe-Noire.

Au moment de partir, Josiane et moi donnons un pourboire au "pêcheur-agriculteur" pour le remercier de sa très agréable visite guidée. Jules exprime alors un regret. Celui de ne pas avoir été pris en photo avec sa famille. Pas de problème, l'oubli est vite réparé ! Jules prend la pause devant sa maison. Il enlève sa casquette. Les sigles américains de son couvre-chef et de son tee-shirt tranchent singulièrement avec l'environnement dans lequel il évolue.

 

 

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Jules devant sa maison avec son fils et son petit-fils

 

Jules souhaite aussi que les femmes, qui sont en train de travailler, soient photographiées. Sa fille Rosine me conduit alors derrière la maison.

 

femmes-manioc-kayo

Préparation du manioc "chikwangue" sous les bananiers

 

Scène traditionnelle, les femmes sont en train de préparer du manioc à l'ombre des bananiers. C'est un dur labeur. Les tubercules de manioc doivent d'abord être trempés dans l'eau. Après ces quelques jours de rouissage, les tubercules sont malaxés et cuits dans des chaudrons. Le but de ce traitement est d'éliminer les substances toxiques (glucosides cyanurés pouvant produire de l'acide cyanhydrique). Les pains de manioc sont ensuite conditionnés dans des paquets, constitués de feuilles de bananier.

Ces paquets de manioc sont appelés "chikwangue". Ils se conservent plusieurs jours (jusqu'à 20 jours, au risque de devenir amer). Le manioc se présente sous forme d'une pâte visqueuse, élastique qui permet d'accompagner des plats, un peu comme du pain. J'ai goûté chez Patrice et dans des restos, mais je préfère le foufou.

Les "mamans" prennent la pause montrant le fruit de leur travail. Elles me réclament de quoi boire "un jus". Je leur donne 2 000 FCFA pour s'acheter quelques jus de fruit ou soda.

 

Cette fois-ci, c'est le départ. Nous saluons Jules. Toujours aussi aimable, il nous dit que nous pouvons revenir au village "Même si le vieux Jules n'est plus là, mes enfants seront là pour vous accueillir". Emouvantes paroles.

Manu reprend le volant et nous démarrons. Après quelques mètres, les enfants nous courent après... nous avons oublié les cadeaux de Jules ! Il nous offre deux papayes "ancienne variété" et une chikwangue. Je me souviens alors qu'il me reste quelques stylos dans mon sac à dos. Je les donne aux enfants qui repartent heureux d'avoir "un bic".

 

 

palmier-lac-kayo

Palmiers au bord du lac Kayo

 

Quelle belle rencontre que celle de notre ami Jules ! Un homme plein d'humanité et d'attention pour les inconnus que nous sommes, arrivant à l'improviste dans ce petit village perdu. Un homme attentif également à sa famille et au respect de la nature. Il mérite de faire partie des "sages" du village.

On serait tenté d'idéaliser ce mode de vie en harmonie avec son environnement. Les villageois sont sans doute moins malheureux que ceux qui sont venus s'entasser dans les bidonvilles de Pointe-Noire. Mais la vie ici n'en demeure pas moins rude. Le village est isolé, les déplacements difficiles en saison des pluies, la pêche et l'agriculture des activités éprouvantes physiquement. Manu donne à Jules environ 55 ans. Avec son visage émacié, il parait plus âgé. Mais c'est l'espérance de vie moyenne au Congo...

Les maigres revenus de la famille, issus notamment de la vente de poisson, du manioc et du charbon de bois, ne permettent sans doute pas de payer des frais de scolarité pour tous les enfants. Pour se soigner, impossible de faire face à des frais de santé importants, dans un pays sans couverture sociale.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 13:30

Nous sommes arrivés au bout du village. Le chemin se termine sur un bosquet de papyrus et quelques palmiers.

 

papyrus-lac-kayo

      Papyrus

 

Avec toutes ces découvertes, nous avions presque oublié le lac ! Un accès facile au rivage nous permet d'admirer une fois de plus sa vaste étendue.

 

manu-lac-kayo

Manu au bord du lac    

 

Jules nous présente sa plus grande fille qui habite près de là. A notre approche, un petit garçon de 2-3 ans se met à pleurer. Il se cache derrière sa mère. Il n'a sans doute pas vu beaucoup de Blancs... Sa soeur plus âgée est plus curieuse et dévisage ces visiteurs inconnus.

Sur le chemin du retour, Jules nous a encore réservé quelques surprises botaniques. Il nous montre quelques pieds de canne à sucre. Notre guide raconte que certains fabriquent un alcool avec et que "ça saoule !".

Un peu plus loin, Jules me montre une plante que je n'avais jamais vu. Du coton ! Je ne pensais pas en trouver ici. Il n'y a que quelques pieds de l'arbuste.

 

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Coton

 

J'interroge Jules sur l'usage qu'il fait de la plante. Il me répond "Pour la pharmacie !". C'est tout simple, il suffit de cueillir la houppe de fibre blanche directement à la source.

 

Notre visite n'est pas passée inaperçue dans le village. Quelques vieilles femmes sont sorties devant leur maison. Habillées de pagnes colorés, assises sur un tapis, elles nous saluent au passage de leur sourire édenté. Jules prononce quelques mots en langue locale pour leur expliquer notre présence.


Notre ami l'aigle pêcheur nous fait aussi une acrobatie pour nous dire au revoir. Il a capturé un poisson dans ses serres. Le poisson s'échappe et l'oiseau arrive à le récupérer au vol ! Chapeau l'artiste.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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