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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 11:00
Nous poursuivons notre périple. Il y a par endroits un paysage légèrement vallonné.



La "route nationale" se subdivise alors en plusieurs pistes. En saison sèche, on gravit les pentes sans trop de difficulté. Par contre, en saison des pluies cela doit être terrible. On voit très bien que plusieurs passages ont été tracés par les véhicules voulant échapper à l'embourbement. Manu me dit que l'on peut mettre ainsi 8 heures pour rejoindre Conkouati. Pour environ 130 km parcourus, cela fait une moyenne d'environ 16 km/h !



Les espoirs de Manu sont déçus. Le ciel reste gris. Aspect positif, on ne souffrira pas de la chaleur !
Entre Louléma et Tchilounga, alors que nous sommes engagés dans un chemin très encaissé (aucun échappatoire possible), nous tombons nez à nez avec un gros camion orange bondé de passagers et de marchandises. C'est l'un des rares moyens de transport ici. Les taxis de la ville ne s'aventurent pas aussi loin et ne sont pas équipés pour résister à la piste chaotique. 
Pas de bol, nous n'avions pas croisé un seul véhicule et nous voilà contraints de faire marche arrière. Les deux 4x4 qui nous suivaient à distance (on avait repéré leur nuage de poussière) sont eux aussi amenés à rebrousser chemin.
J'entends des passagers du camion pester contre les 4x4. Certains profitent du blocage pour descendre se soulager.
Les passagers des deux 4x4 en profitent aussi pour faire une pause, garés dans les herbes hautes à l'entrée du chemin encaissé. Pas le temps d'entamer la conversation, nous repartons !

Près de Tchilounga, nous demandons notre chemin à un homme, prénommé Rigobert. Il nous précise qu'il faudra prendre la route à droite, au niveau d'un panneau vert. Pour le remercier, je lui donne deux stylos.
Quelques kilomètres après, nous nous retrouvons coincés devant la route qui cède la place... à un grand trou d'eau ! Nous voilà dans l'expectative...
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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 10:00

Les paysages changent progressivement. La densité de végétation s'amoindrit et la savane prend sa place. 


Savane


Lors de la traversée des villages, nous faisons "bonjour" aux enfants et aux habitants, lesquels pour la plupart nous répondent. Dans ces coins perdus, ils ne voient pas grand-chose. Manu me dit aussi qu'en cas de problème (panne, ensablement...), c'est toujours bon de sympathiser avec les villageois.
En dépit du peu de temps dont nous disposons, Manu s'arrête et salue une vieille femme, assise par terre, en train de tresser une natte "à l'ancienne" (en feuille de palmier, je crois). C'est un savoir-faire qui est en passe de disparaître. Manu me raconte que quelques jeunes filles préservent cette activité, en dépit des railleries des copines.
Sur notre parcours, nous voyons plusieurs personnes qui se déplacent entre 2 villages en écoutant un poste de radio. C'est le seul lien avec le reste du monde ! Le moyen de locomotion principal est bien sûr... la marche à pied.
Un peu plus loin, nous croisons une colonne de femmes portant des bassines d'eau sur la tête. La corvée d'eau est ancestralement dévolue en Afrique à la gent féminine... Nous croisons aussi des femmes portant du bois (certainement pour alimenter le foyer, pour la cuisine).
Je suis frappé par la propreté des petits villages. Rien à voir avec les bidonvilles de Pointe-Noire... Les maisons en bois et végétaux traditionnels sont bien entretenues, les cours sont balayées et parfois entourées de petits enclos.

A certains endroits, la savane a été brûlée. La technique du brûlis permet de rendre la terre plus fertile. Il s'agit ensuite de faire des plantations ou bien de faire paître les animaux, avec l'herbe repoussant drue et verte.


 Brûlis


Il y a de grands espaces qui paraissent entièrement vides. Pas un seul animal (visible) et pas une seule construction.
Vers midi, nous nous arrêtons soulager notre vessie, boire et nous alimenter un peu. Cela fait du bien aussi de n'être plus secoué dans tous les sens. Au pied de l'arbre près duquel je me soulage, je remarque une belle termitière. Jaune, elle a pris tout simplement la couleur du terrain. Le silence total est reposant et impressionnant. Une petite brise rafraîchit l'atmosphère.

Termitière

 
Mais la pause est de courte durée. Il faut garder le rythme pour avoir le temps de faire l'aller retour dans la journée. Nous reprenons la piste sinueuse et défoncée qui perce la savane tel un interminable reptile jaunâtre. 


Piste


Dans la traversée des villages, il faut prendre garde de ne pas écraser les animaux domestiques. La route étant peu fréquentée, certains ont la bonne idée de se coucher au milieu ! A l'entrée d'un village nous sommes à deux doigts d'écraser un chien et à la sortie d'un autre, c'est une truie et ses porcelets qui se relèvent soudainement de la poussière dans laquelle ils se vautraient. Poules, canards et quelques chèvres complètent bien souvent le tableau champêtre.
Une collision avec ces animaux nous vaudrait sans doute le courroux de la population locale. Il est donc raisonnable d'éviter de réduire en bouillie ce maigre cheptel, sans doute leur seule richesse. Mais mon chauffeur Manu connaissant la valeur du bétail est vigilant sur ce point !

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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