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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 18:00

Après la bière au quartier du Plateau, il est temps de rentrer à l'hôtel. Je salue mon ami Manu, (en se disant sans doute à une autre fois... du moins nous l'espérons) et c'est Ghislain qui me ramène à la Côte Sauvage. 

Nous descendons l'avenue de Gaulle qui est peu fréquentée en ce dimanche. Le jour commence à tomber, nous sommes entre "chien et loup".

 

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Avenue de Gaulle, le jour décline...

 

J'ai téléphoné à David pour qu'il vienne me chercher un peu plus tôt. Je dois passer impérativement chez Patrice. Je récupère mes valises auprès des réceptionnistes et à la nuit tombante, me voilà parti avec mon chauffeur de taxi.

C'est Christ qui nous attend à l'angle de l'hôtel Pemba. Arrivés à la maison, Patrice sort accompagné de trois hommes en costume. L'un d'eux est pasteur et j'en conclus qu'ils sont venus soutenir la famille et prier pour Allan.

 

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Au bout de l'avenue de Gaulle...

 

J'entre dans la maison avec Patrice et Christ. Je salue Rosine qui a le visage triste et les traits tirés. La maison est étrangement silencieuse.

Le jeune Allan est couché dans le lit de ses parents. Il se plaint un peu. Patrice me montre les médicaments que le médecin lui a prescrit. Dans la pièce bien mal éclairée, j'arrive à identifier un antalgique contre l'angine de poitrine et un antipaludéen. Allan avait de la fièvre, mais elle a diminué. Reste les douleurs thoraciques. Le médecin n'a pas avancé de diagnostic précis.

Patrice me dit que son fils doit passer une échographie cardiaque demain. Il ne comprend pas pourquoi le médecin n'a pas demandé une radio. Je lui explique que le coeur est un organe mou et que l'échographie est plus adaptée. Je lui donne les quelques milliers de FCFA qu'il me reste pour payer les médicaments.

C'est dans cette triste ambiance que je quitte Patrice et sa famille. Le pasteur (du moins je crois que c'est lui, en tout cas, l'un des 3 hommes) est attablé et mange du manioc.


Christ m'accompagne à l'aéroport, avec David qui était resté dans la voiture. Il se trompe d'entrée en arrivant devant l'aérogare. Je commence à me demander si c'est un "vrai" taximan. Ou peut-être a-t-il tout simplement besoin de lunettes et n'a pas les moyens de s'en payer...

Il est environ 19h30, l'embarquement est prévu à 20h20. Je salue Christ, mon "compagnon d'exploration" et lui dit peut-être à bientôt.

Cette fois, les contrôles sont softs. Plus de taxe NAFDAC à payer, le scandale provoqué par cette taxe aérienne supplémentaire a eu sa peau. Au dépôt des bagages, un ministre s'évertue à griller des places pour déposer ses valises avant les autres voyageurs. Je ne le connais pas, mais c'est le bruissement autour de moi qui m'informe de son statut. Sa technique est de s'appuyer sur le comptoir pour remplir la carte d'embarquement, pendant ce temps, on apporte ses bagages au plus près de l'enregistrement... Et après, personne n'ose rien dire.

Comme je suis arrivé assez tard, l'attente dans le salon n'est pas très longue. La télévision diffuse la dernière soirée de l'année en Ligue 1. Notamment la compétition cruciale Paris-Montpellier, match indirect entre les deux équipes pour la première place. Je survole quelques journaux français dont le contenu me parait soudain un peu singulier, décalé. En tout cas, le salon n'est pas du goût du ministre, il est vrai qu'on est un peu entassé. Il repart avec son "boy" (vers un salon VIP ?).


L'embarquement se déroule sans souci. L'avion est loin d'être plein. Nous décollons et les cieux congolais me disent au revoir par un spectacle d'éclairs zèbrant la nuit.

Je pense à mes découvertes, aux rencontres marquantes comme celles des pygmées, et à ce pauvre Allan. Mon séjour s'est bien passé, pour une fois, même pas une petite diarrhée pour le perturber (ce serait même plutôt l'inverse à force de manger bananes et cacahuètes !). Pour me relaxer, je choisis d'écouter dans la playlist d'Air France, les "variations Mandé" de Toumani Diabaté. Très beau, pour les amateurs de kora.

Ayant toujours du mal à trouver le sommeil, je joue plus tard à "Qui veut gagner des millions". Je remporte le million au bout du 3ème jeu ! Dommage que ce ne soit pas en vrai...

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 17:00

Derrière de hauts murs et un portail vert, on remarque un long bâtiment peint en jaune, recouvert de tôles. Il est difficile à voir ! 

 

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Entrée de l'ancienne Mission du Plateau

 

De face, j'arrive à monter sur une pierre et à faire un cliché plus probant. On visualise mieux le caractère religieux de l'édifice. De petites ouvertures gothiques ornent la façade.

Des casseaux de bouteille ont été mis tout le long des murs, et visiblement le mur en parpaing a été réhaussé de 3 rangées. Voleurs, passés votre chemin !

 

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Façade de la Mission catholique du Plateau

 

C'est l'ancienne mission catholique du quartier du Plateau, où résidaient les soeurs de la Congrégation du St Esprit. Le bâtiment a peu changé (contrairement à son environnement), seuls les balcons ajourés à l'étage ont été murés.

Sur cette ancienne photo, on voit en arrière plan les ouvertures en arc de cercle du rez-de-chaussée, que je n'ai pas pu voir.

 

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Enfants déguisés devant le bâtiment de la mission vers 1950 (© Françoise)

 

C'est à la mission que les enfants faisaient leur catéchisme ou bien se déguisaient (pour le carnaval ou une pièce de théâtre ?).

Ils posent ici devant des wagonnets. Etait-ce un vestige de la voie étroite qui partait du port et du phare (le sentier de fer), permettant le transport de matériel, et prémices du CFCO ?

 

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Communiantes à l'intérieur de la Mission catholique en 1953 (© Françoise)

 

A l'intérieur les communiantes, dans la moiteur équatoriale, supportaient leur voile et leur longue robe, gants blancs et missel à la main. Les garçons, plus chanceux, pouvaient porter un short.

Autrefois, la mission était simplement entourée d'un muret peint en blanc et dans un écrin de cocotiers. Filles en robe et garçons portant un brassard venaient en procession pour leur communion, devant la statue de la Vierge, ici avec le Père Ernest Ozanne.


pointe-noire-mission-communiants

Communiants dans l'enceinte de la Mission catholique du Plateau (© Françoise)

 

Aujourd'hui, c'est une école consulaire, avec semble t-il à l'étage des logements. Une petite statue de la vierge subsiste en façade, précairement abritée sous des tôles rouillées.


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Satue de la vierge en façade de l'ancienne mission du Plateau

 

 

Un peu d'histoire...

Avec le développement démographique de la ville, les autorités ecclésiastiques décident de s'implanter plus fermement à Pointe-Noire, au détriment de la mission historique de Loango. ll fallait se rapprocher des ouailles !

Un Père réside en permanence dans la ville depuis 1927. En 1928, la mission catholique de Pointe-Noire obtient un terrain de deux hectares, sur la concession des Batignolles. Les autorités administratives sont réticentes à attribuer les terrains tant que les plans directeurs et le tracé de la voie ferrée ne sont pas fixés.

Un presbytère et un "grand immeuble en ciment" (11 m de large sur 27 m de long) sont alors construits en 1929-1930. Son rez-de-chaussée servira de "cathédrale provisoire". Les textes parlent à cette époque d'une construction dédiée à "Notre-Dame del Sasso" (Notre-Dame du Rocher).

 

plan-pointe-noire-1955

Emplacement de l'évêché (croix à côté de "Plateau"), le bâtiment de la mission est à gauche en remontant l'avenue du Colonel Génin (plan vers 1955 avec les dénominations de l'époque)


Il s'agit en fait du futur "évêché" qui a vu le jour à quelques encablures du bâtiment de la mission du Plateau, de l'autre côté de l'avenue de Gaulle (cf Bâtiment colonial : l'évêché de Pointe-Noire).

Mais il n'y a point de rocher sur le site de l'évêché ! De fait, il s'agit de rendre hommage aux tessinois qui ont contribué largement aux frais de construction, par l'intermédiaire de l'oeuvre de Saint-Pierre Claver. "Madonna del Sasso" étant la patronne de Locarno et du Tessin (canton Suisse).

Une nouvelle mission s'implante ensuite dans le quartier St Pierre en 1948, près du "village indigène".

 

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Mission "Sainte Jeanne d'Arc" vers 1955 (carte postale)

 

Quant à la mission des soeurs, elle s'implante à partir de 1952 dans le quartier du Plateau. Un collège est fondé par les religieuses, juste à côté (cf Autour de la résidence, quartier du Plateau).

 

Source : 

Les spiritains au Congo de 1865 à nos jours - Jean Ernoult - Congrégation du St Esprit- 1995

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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