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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 20:00

Le quatrième cliché est plus personnel. On retrouve la maison du "contre-maître" (je le nomme ainsi faute d'information plus précise, aucune date, ni nom, au verso des photos).

Les premiers colons habitent dans des maisons sur pilotis, fabriquées avec les matériaux locaux. L'ossature et les murs sont en bois, les volets de l'auvent sont en bambous. Le toit semble être en tôles. A l'arrière plan, on remarque une autre petite habitation, je présume cette fois pour les autotochnes, avec une couverture végétale.

 

pointe-noire-case-colon

Maison coloniale des environs de Pointe-Noire vers 1928 (© Marichelle - Loango)    

 

A l'époque, Pointe-Noire n'est qu'un semis de constructions éparses, quadrillé de rues en terre. Seuls quelques bâtiments administratifs construits en "dur" commencent à voir le jour dans le quartier du port et dans celui de la future gare.

Sur le cliché, je pense reconnaître la femme qui posait (cf Pointe-Noire coloniale : travaux d'adduction d'eau ) sur le chantier. Un enfant Noir est assis à ses pieds. Il porte un tablier, est-ce un marmiton ?

 

pointe-noire-case-employés-noirs

Colons et leurs employés vers 1928 (© Marichelle - Loango) 

 

Pour les deux hommes Blancs, impossible de les rapprocher de ceux aperçus dans les travaux. Ils portent la tenue coloniale blanche, nœud papillon, veste, casque sur les genoux et petite moustache pour le plus âgé qui est assis, tenue plus décontractée, chemise sans manche, pour le plus jeune qui est debout. Tout à gauche, un chien roupille, la tête entre les pattes !

Pour les adultes Noirs figurant sur la photo, l'homme assis à gauche est habillé élégamment, costume, cravate, chaussures fermées. Il porte un parapluie et tient quelque chose sur lui. Visiblement un "évolué", selon le langage usité à l'époque. Un notable local ?

Les trois autres Noirs, debout, sont sans doute les employés de la maison. Celui du milieu porte un pagne, les deux autres sont habillés à l'européenne. Les plus vigilants auront aussi remarqué le jeune Noir assis sur le bord de la fenêtre de la maison, tout à droite du cliché (vue large).

 

 

plan-pointe-noire-1931

Emplacement du réservoir (extrait Plan de Pointe-Noire en 1931 © Vennetier)

 

 

Pour l'adduction d'eau dans la ville, on implante un réservoir dans le quartier européen, grosso modo à mi-chemin entre la gare et le phare.

Il est construit sur un point légèrement plus élevé par rapport au reste du quartier Djindji, à la lisière de la zone marécageuse Tchikoba.

 

pointe-noire-reservoir-vue-aerienne

Vue aérienne de Pointe-Noire vers 1950  - Le réservoir (carte postale)

 

On voit également ce réservoir, complètement à droite, sur le cliché ci-dessous. De forme cylindrique, coiffé d'un dôme, on ne peut pas louper ce singulier château d'eau.

 

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Quartier Djindji, avenue du Port en 1946 (© CAOM)

 

La population locale n'est pas oubliée. Un point d'eau est ensuite implanté à l'entrée du "village africain", sur la place dénommée alors Savorgnan de Brazza.

On l'aperçoit sur cette vue aérienne, au centre de l'esplanade, alors peu fréquentée par les véhicules à moteur.

 

pointe-noire-fontaine-village-africain 

Vue aérienne de la Place Savorgnan de Brazza (extrait carte postale vers 1950)

 

Il s'agit d'une belle fontaine, de facture moderne, avec 3 marches et des plots en béton pour la protéger. Les quatre faces de la colonne striée délivrent le précieux liquide, que les Congolais viennent chercher avec des récipients de toute sorte. 

 

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Fontaine publique du village Africain - Pointe-Noire 1934 (© AEF - Ag. Economique)

 

Cette fontaine a dû être détruite (dans les années 1970 ?). Je n'ai aucun souvenir de l'avoir vu sur la place Lumumba, où un rond-point est né à son emplacement.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 21:00

Suite à la fondation de la ville en 1922, un projet d'adduction d'eau potable voit le jour à Pointe-Noire en 1925 (archives AEF / Inspection Générale des Travaux Publics).

 

J'ai trouvé quelques clichés anciens qui correspondent vraisemblablement à ces travaux (vers 1927-1928). 

 

pointe-noire-adduction-eau

Tranchée ouverte pour les conduites d'eau (© Marichelle - Loango)

 

Ce premier cliché montre une tranchée d'environ 2 mètres de profondeur, creusée dans un vaste plateau au sol très sableux, avec très peu de végétation.

A gauche, les canalisations (en fonte ou en béton ?) attendent d'être positionnées au creux de la tranchée.

 

pointe-noire-adduction-eau-ouvriers

Ouvriers congolais à la tâche sous l'œil du contre-maître (© Marichelle - Loango)

 

Autour et dans la tranchée, on compte une vingtaine d'ouvriers Noirs et un Européen (reconnaissable à son casque colonial blanc) qui supervise le raccordement des tronçons entre eux. On remarque deux petits panneaux rectangulaires blancs, fichés au bout de tiges plantées dans le sol (pour faire le niveau ?).

La plupart des ouvriers sont torse nu, habillés d'un simple pagne autour des reins. Quelques uns portent une chemise et parfois un chapeau. A l'arrière plan, une femme chemine avec une modeste charge posée sur la tête.

 

 

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Travaux en lisière de forêt ? (© Marichelle - Loango)

 

Le second cliché est un peu plus difficile à interpréter. Il s'agit apparemment de travaux de terrassement, cette fois-ci dans une zone plus boisée et escarpée.

 

pointe-noire-chantier-eau-ouvriers

Colons et ouvriers prennent la pose (© Marichelle - Loango)

 

Au premier plan, la femme d'un colon pose pour la photographie. Derrière, un homme avec un casque colonial. A ses côtés, deux hommes Noirs font singulièrement un salut militaire ! S'agit-il de laptots ou autres miliciens ? Pour la plupart originaires d'Afrique de l'Ouest, ils encadraient bien souvent les autres africains travaillant au Congo.

Sur la droite, armés de pelles, cinq ouvriers déblaient un talus. S'agit-il de remblayer une tranchée située au centre, déjà refermée ?

 

pointe-noire-tranchee-conduite

Tranchée ouverte dans le sable (© Marichelle - Loango) 

 

Un troisième cliché montre de nouveau une large tranchée, dans un paysage un peu plus arboré, mais cette fois, pas grand monde autour. A droite, un bras avec une chemise empiète sur le cliché ! A gauche, on note la présence d'une voie ferrée étroite (les prémices du Congo-Océan ou bien simplement une voie de service pour ce chantier ??).

Au premier plan, un tronc d'arbre est jeté au travers de la tranchée, semble t-il pour servir de pont.

Enfin au centre de la tranchée, il y a un ouvrier Noir, avec apparemment un outil ou un instrument posé devant lui. On aperçoit la canalisation sous ses pieds et l'eau qui ruisselle sur le sol.

 

pointe-noire-tranchee-eau-ouvrier

Canalisation et ouvrier au centre de la tranchée (© Marichelle - Loango)

 

Les travaux d'adduction d'eau consistaient à mettre en place une grosse canalisation depuis le lac Gambouissi, situé à une quinzaine de kilomètres du centre de Pointe-Noire, afin d'alimenter l'agglomération par simple gravité (d'après P. Vennetier, 1968). 

 

Ces photos sont collées sur un épais papier cartonné et comportent au dos le logo "Marichelle Loango".

 

 loango-marichelle-photo-logo

 

Il s'agit bien sûr du Père Christophe Marichelle de la mission catholique de Loango, excellent photographe, qui produisit de nombreux témoignages de la vie au Congo, principalement dans le Kouilou, pendant un quart de siècle. Décédé à Loango en 1929, cela permet de dater très probablement ces clichés d'avant cette date. 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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