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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 12:00

Mon départ étant proche, je vais le mercredi soir chez Patrice. Nous partons très en retard de l'hôtel car les comptes sont interminables... Arrivant chez lui vers 21h30, les enfants sont à moitié endormis. Les plus petits vont se coucher et je discute avec Patrice et les plus grands, Chris et le "petit" Chris. Il doit en avoir marre de la confusion avec son frère, et désormais il se fait appeler par son deuxième prénom qui est... Saint Euge. Je ne connais pas ce Saint et je ne trouve pas cela très chouette ! Le "grand" Chris me donne des références au cas où je pourrai lui trouver un livre de comptabilité qui l'aiderait dans ses études.

Nous sollicitons Manu pour boire un verre avec nous, mais il est tard et il est trop fatigué pour venir aussi loin de Songolo. Pour une fois, il reconnaît avoir des courbatures.

Ghislain étant pressé de rentrer à la base avant 22 heures, je rentre à l'hôtel en taxi.

Le lendemain, Chance ne se rappelle plus m'avoir vu et demande quel cadeau je lui ai amené ! Eh bien non, je n'apporte pas un cadeau à chaque fois que je viens.

 

Il pleut pas mal pendant la nuit. Le lendemain matin, je retrouve avec délice à la radio, la rubrique les "expressions convenables à employer". Aujourd'hui, c'est "passer à la trappe" ! Le chroniqueur explique que progressivement l'expression a évolué du sens propre (le piège du chasseur constitué d'une "trappe" de branchages au dessus d'un trou) au sens figuré (envoyer quelque chose à la trappe, comme le conformisme par exemple).

 

A la pause de midi, je vais faire un tour vers le quartier du Plateau. Le ciel est très gris et nuageux et cela ne donne pas envie de faire un tour sur la plage. Je me souviens par ailleurs que l'une de mes lectrices, ancienne ponténégrine, m'avait demandé un cliché particulier de Pointe-Noire.

Ghislain me conduit vers un grand bâtiment blanc, surmonté d'une étrange toiture, qui domine les environs. C'est la Clinique Océan.

 

pnr-clinique-ocean

 

La clinique est aujourd'hui tenue par des militaires congolais (depuis la nationalisation de 1980). On annonce en façade, une activité de kinésithérapie "rééducation fonctionnelle et réadaptation".


Après la Deuxième Guerre Mondiale, la clinique était dirigée par des militaires français, notamment par le Médecin Commandant Jean Coupigny (1912-1981). Ce dernier avait participé entre 1940 et 1945 à de nombreuses campagnes en Afrique (Tchad, Gabon, Tunisie...) puis en Europe (campagne d'Italie, débarquement de Provence en août 1944 et Libération de la France).

 

Jean Coupigny était proche de son aîné, le Médecin Général Adolphe Sicé (1885-1957) qui fût un fervent acteur du ralliement de l'Afrique Equatoriale Française à la France Libre du Général de Gaulle, donc du Congo et ce dès 1940. Le principal Hôpital de Pointe-Noire porte ainsi son nom.

 

 

pnr-quartier-ocean

 

En face de la clinique, on trouve d'autres bâtiments peints en blanc. Je ne sais pas si cela évoquera des souvenirs...

 

Sources : http://www.ordredelaliberation.fr/

Jean Coupigny est devenu Sénateur du Moyen-Congo, il a préfacé le livre de Michel Romano, pionnier du CFCO et chercheur d'or dans le Mayombe.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 12:00

Nous retournons avec notre guide improvisé à notre véhicule. Je salue le jeune homme et je lui demande comment il s'appelle. Il dit se prénommer Ingrid et s'empresse de préciser "sans e". En rigolant, je lui dis que même "sans e", en France, c'est un prénom de fille ! Ingrid ne s'offusque pas, il sourit car il a visiblement l'habitude de la réaction provoquée par l'originalité de son prénom. Je lui donne quelques stylos pour le remercier de son accueil sympathique.

 

cote-matève-paysage2

Côte Matève

 

Sur le chemin de terre, des enfants habillés en uniforme, rentrent de l'école. Je demande à Ghislain de ralentir pour leur donner également quelques stylos. Ils repartent heureux, bondissant vers leur foyer avec le modeste cadeau à la main. Nous rejoignons la nationale, mais de l'autre côté du péage ! Il est donc possible par les chemins de traverse d'esquiver le paiement du droit de passage.


Sur le trajet retour, je discute avec Ghislain. Comme nous avons vu une porcherie, la discussion s'oriente sur la consommation de viande de porc. Le chauffeur m'explique qu'il est kimbanguiste et donc qu'il ne mange pas de porc. Autres interdits : pas de tabac, pas d'alcool et le droit d'avoir une seule femme ! Diantre, le kimbanguisme reprend donc les interdits de la religion musulmane et la monogamie de la religion catholique. Cela explique un peu le côté rigide et très réservé de mon chauffeur... Cette "église" a été fondée en 1921 par Simon Kimbangu, sur fond de combat anticolonial contre la Belgique. Mais l'œcuménisme et le syncrétisme de la nouvelle religion a pris depuis quelques décennies des tournants sectaires, le petit-fils du fondateur prétendant même être la réincarnation de Jésus-Christ...

Mais Ghislain est quand même moins coincé qu'au début. Il me pose "une question de madame" (sa femme). Comment ai-je deviné qu'ils avaient un bébé ? J'ai en effet donné quelques petits jouets en plastique... Cela turlupine son épouse. Je lui explique que je ne le connaissais pas il y a encore quelques jours et que je n'ai rien deviné du tout ! J'ai simplement apporté ces jouets pensant que je trouverai bien quelqu'un à qui les donner. Ce ne sont pas les enfants qui manquent au Congo, c'est un pays jeune.

Ghislain poursuit en racontant que sa femme était très contente car le lendemain matin, sa petite fille (18 mois) jouait dès le réveil avec mes petits cadeaux. Super, j'ai fait des heureux !

 

Nous arrivons sans encombre à Pointe-Noire, excepté la rencontre d'un camion en panne, arrêté sur la nationale, en plein milieu de la voie, sans aucune signalisation et un chauffeur inconscient couché sous son véhicule. Ce genre de situation est accidentogène car cela entraîne, en plus d'un risque de collision avec le camion, des dépassements hasardeux de la part des conducteurs toujours trop pressés...

 

Nous filons vers le Derrick, et j'invite Ghislain à manger avec moi. Avec notre détour Côte Matève, il est presque 14 heures !

 

ghislain-derrick

Ghislain au Derrick

 

Ghislain me raconte qu'il n'a pas toujours fait chauffeur et qu'il a "voyagé". Ainsi, il a travaillé dans une mine de diamants à ciel ouvert en RDC. Les conditions de travail de ce type de chantier sont terriblement dures et les galeries risquent d'ensevelir à tout instant les infortunés creuseurs... Mais le comble, c'est qu'il avait trouvé 16 carats de diamants et qu'il s'est fait ensuite arnaquer. Il avait rencontré un acheteur libanais dans un hôtel, lui confiant alors aveuglément sa précieuse marchandise. Mais le lendemain matin, au moment de récupérer l'argent, le prétendu acheteur s'était envolé et avec lui le fruit de beaucoup d'efforts. Misère...

Bien qu'il ait tout perdu, un de ses amis lui dit qu'on ne lui avait pas volé ses deux mains et donc qu'il ne fallait pas désespérer et continuer à travailler !


Nous sommes les derniers à déjeuner et faisons la fermeture du Derrick. Je fais une photographie souvenir de Ghislain sur le ponton du restaurant.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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