Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 20:00

Le second hôtel qui vit le jour à Pointe-Noire est l'hôtel "Ottino", du nom de l'entrepreneur d'origine italienne, prestataire pour la Société de Construction des Batignolles, spécialisé dans le béton armé. Il œuvra notamment pour la construction de nombreux ponts du CFCO ou des ponts routiers (cf Brazzaville : le vieux pont sur le Djoué ) et également pour la construction du phare de Pointe-Noire (cf Terre d'ébène : le mystère du phare... éclairci ! ) et du premier wharf. 


 

pointe-noire-vue-1940

Vue aérienne de Pointe-Noire vers 1940  (carte photo - Anonyme)

 

Cet hôtel se situait dans le quartier de la gare, à gauche après cette dernière, en allant en direction de l'aéroport. Une magnifique vue aérienne du centre-ville, prise vers 1935-1940, montre cet hôtel entouré de pelouses et de jardins agréablement dessinés.

On constate que l'habitat est très dispersé, le sable et les lagunes insalubres sont encore au cœur de la ville. Les bâtiments officiels semblent avoir poussés au milieu de nulle part...

 

pointe-noire-vue-hotel-ottino

Hôtel Ottino et ses jardins vers 1940 (détail de la carte photo)

 

Etant donné sa proximité immédiate avec la gare de voyageurs, il est également appelé "Hôtel de la Gare" ou "Hôtel Terminus", Pointe-Noire étant bien sûr le point d'aboutissement de la voie ferrée venue de Brazzaville.    

Des fenêtres de l'hôtel, on a alors une vue imprenable sur la gare et l'avenue du Port, qui sera plus tard bétonnée. De nombreux employés et cadres œuvrant à la construction du chemin de fer, puis à celle du port, y trouvaient dans les années 1930-1940 un point de chute, idéalement situé, en attendant le prochain paquebot qui les ramènerait vers la France.

 

pnr-avenue-port-ottino-pref 

Pointe-Noire, avenue du Port en 1956 (Anonyme - © CAOM)

 

Mais la vocation hôtelière ne dure pas très longtemps. Pointe-Noire devient en 1949 la capitale politique du Moyen-Congo, en abritant le siège du gouverneur, du chef du territoire et de l'assemblée territoriale, ainsi que des services administratifs.

Il faut soudain abriter des centaines de nouveaux fonctionnaires et la réquisition du grand bâtiment permet d'y remédier rapidement. La population européenne de la ville bondit ainsi de plus de 40% en un an, passant de 1966 à 2788 habitants (source : Pierre Vennetier - Pointe-Noire - ORSTOM 1968).

 

pnr-hotel-prefecture

Services administratifs - AEF - Pointe-Noire (carte postale Hoa Qui vers 1955)

 

Une carte postale des années 1950, nous montre la façade de l'ancien hôtel abritant les "services administratifs". En forme de U, il comporte un rez-de-chaussée et deux étages. Des coursives sont présentes à chaque niveau, soulignées par les balcons en béton ajouré, y compris sur le toit. Un avant bâtiment, à seulement un niveau, rompt la monotonie de l'ensemble, en formant un degré.

 

pnr-vue-avenue-port-prefecture

Place de la gare vers 1955, vue sur le siège du gouvernement (carte postale Hoa Qui)

 

La cité ponténégrine perd sa vocation de capitale dans les prémices de la décolonisation, suite au vote du 28 novembre 1958 (cf Pointe-Noire : bâtiment de l'Assemblée Territoriale ). 

C'est bien entendu Brazzaville qui redevient la capitale, cette fois de la République du Congo, dont l'Indépencance est proclamée un peu plus tard, le 15 août 1960.

 

prefecture-ottino pointe-noire

La préfecture de Pointe-Noire en 2013 (source : www.brazzaville-adiac.com)

 

L'édifice conserve toutefois son rôle d'entité administrative et devient le siège de la Préfecture de Pointe-Noire. Aujourd'hui, l'ancien "hôtel Ottino" étale toujours sa grande façade blanche le long de l'avenue Marien N'Gouabi. Il a peu changé, si ce n'est qu'un troisième niveau a été ajouté et que le degré de l'avant bâtiment a été perdu, rendant l'immeuble un peu plus massif.

 

ottino-hotel-pointe-noire-nord

Hôtel Ottino vers 1945, côté jardins (carte photo - Anonyme)

 

Par contre, cette vue côté jardins est devenue impossible, des constructions ont pris leur place. Disparus depuis longtemps, les allées tracées, les vasques, les pelouses et autres arbustes...


Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
commenter cet article
13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 20:00

Le tout premier hôtel de Pointe-Noire, qui marqua les premiers voyageurs peu après la naissance de la ville, s'appelait l'hôtel du Port.

Il se situait le long de la bien nommée avenue du Port (actuelle avenue Félix Eboué), sur l'axe stratégique entre le port et la gare de voyageurs CFCO. En fait, il était presque face à la gare de marchandises.

 

pointe-noire-avenue-port

Vue aérienne de l'avenue du Port vers 1950 (© Studio Plantier)

 

L'hôtel est très probablement construit vers 1930. Les façades latérales comportent un petit fronton, les balcons ajourés en béton, alors très à la mode, décorent les différents niveaux. Pour rompre la monotonie, au rez-de-chaussée, on alterne ouvertures en plein cintre et ouvertures rectangulaires.

 

pointe-noire-hotel-port

Hôtel du Port vers 1930 (carte postale © BR - Editeur Bloc Frères)

 

L'établissement hôtelier est de taille modeste. Mais c'est un gros progrès d'avoir une construction "en dur", par comparaison avec les toutes premières maisons fabriquées en matériaux locaux... Il est coquet avec terrasse, tables et chaises, pergolas, arbustes, et plantations diverses.

 

 

pointe-noire-hotel-port2

Entrée de l'hôtel (détail - carte postale © BR)

 

Sur le seuil de l'entrée, un couple prend la pose pour le cliché. On peut supposer qu'il s'agit-il des propriétaires d'alors. A gauche, accoudé à la fenêtre, on remarque un colon, casque blanc vissé sur la tête. Un client de l'hôtel ?

 

Hôtel-port-CFBCongo

Vue latérale de l'hôtel du Port vers 1925 (carte postale)

 

La vue ci-dessus semble un peu plus ancienne, car les abords de l'hôtel ne sont pas aménagés (le sable domine !). On lit sur le fronton "Hôtel du Port", du côté donnant vers le phare.

 

Dans les décennies suivantes, l'établissement sera entouré de murets et les arbustes devenus grands formeront une ceinture végétale autour de l'hôtel (détail de la vue aérienne, de qualité assez médiocre, ci-dessous).

 

pointe-noire-hotel-vue-port

L'hôtel du Port implanté au carrefour vers 1950 (détail © Studio Plantier)

 

Juste derrière l'hôtel du Port, on trouvait la CFBC et la concession Portella, alors situées au coeur de l'activité économique de la ville (cf Bâtiments coloniaux : compagnie CFHBC et concession Portella ).

 

pointe-noire-cfhbc-hotel-port

Vue sur l'actuelle rue Massabi, façades des "concessions" (carte postale vers 1955)

 

L'hôtel "historique" a été détruit et remplacé par une station service... La modeste batisse n'était plus adaptée aux normes de confort de la fin du XXème siècle.


Pendant plusieurs décennies, "Madame Paulette" Poullennec a tenu un autre établissement hôtelier, situé tout près. C'était une figure de la cité pontenégrine, si j'en crois le témoignage de plusieurs lecteurs. Aujourd'hui, l'hôtel de Fez,  se fait l'héritier de "Chez Paulette", il est implanté à l'angle de la rue Massabi et de la rue de Tchilounga. Pas exactement à l'emplacement du tout premier hôtel de Pointe-Noire, mais seulement à quelques dizaines de mètres.

Si mes informations sont bonnes, Mme Paulette est décédée en France en 2010, à l'âge de 94 ans.

 

 

Post-scriptum : 

J'ai trouvé une autre photographie de l'hôtel du Port prise vers 1935. La végétation a bien poussé par rapport aux premières prises de vue figurant sur les cartes postales.

Des bacs en bois sont alignés au bord de la terrasse et agrémentés de fleurs. Des chaises en rotin encadrent de petites tables en bois.

 

hotel-port-pointe-noire-1935

Hôtel du Port à Pointe-Noire vers 1935 (carte photo)

 

Au verso, un certain Noël adresse son "Bon souvenir de Pointe-Noire" à M. et Mme Moreau habitant à "La Borde Montbouy", à Châtillon-Coligny dans le Loiret.

Il nous donne un instantané de la vie coloniale d'alors.

 

hotel-port-pointe-noire-colons

Colons attablés à l'hôtel du Port (détail de la carte photo)

 

Sur la terrasse, deux personnes sont attablées. L'une d'elles a un jeune enfant sur les genoux. Il tourne la tête vers un serveur. A gauche, il s'agit d'une femme. A droite, c'est plus difficile à cerner, mais on devine un serre-tête dans les cheveux, qui oriente aussi vers le sexe féminin.

Trois employés Noirs sont prêts à les servir, entièrement vêtus de blanc. Deux serveurs portent un long tablier et des manches courtes. Un autre, en haut des marches, porte une toque blanche et des manches longues. Sans doute le cuisinier ?

A gauche, on remarque la présence d'un chien, et à droite, celle d'un vélo appuyé sur un bac.

Douceur de vivre à la congolaise... Au moins pour ceux qui se font servir !


Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories