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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 14:00

Je décide d'aller voir de plus près deux immeubles dans le quartier situé au-dessus du Cercle Civil (face au Port). Je poursuis ainsi ma découverte du Pointe-Noire "moderne".

Le premier à dominante blanche comporte 11 étages. Il s'agit je crois de l'immeuble Abrassart (du nom de l'architecte ?). Honoré me dit qu'il est habité majoritairement par des libanais. Les véhicules garés au pied de l'immeuble révèlent l'aisance financière des résidents. Une pharmacie a pris place au rez-de-chaussée de l'immeuble.
Etrangement, un camion de lait (allemand ou suisse, marqué Hochwald, Karla Kuuhl) est stationné au pied de l'immeuble.

P-immeubles-pointeNoire 

Immeubles d'habitation
 

A gauche, une autre tour de 12 étages, à dominante jaune, est en cours de construction. Je remarque alors un "autre" photographe assis à l'ombre, avec un équipement de professionnel. J'engage la conversation. Il s'appelle Ulrich et me dit qu'il est l'un des photographes officiels de la République du Congo. Il m'explique qu'il réalise des clichés lors de la venue du Président, des ministres à Pointe-Noire, et également dans le cadre luxueux de l'Atlantic Hotel. Aujourd'hui, il prend des photos des travaux du nouvel immeuble, afin d'avoir des images "avant/ après". 
Ulrich est très sympa. Il me dit avoir exposé ses photos (d'un tout autre genre, plus artistique que ces images de chantier !) en 2007 à Paris, le long du Quai Branly.  Ulrich-Rodney Mahoungou a reçu en 2005 à Bamako le prix du meilleur jeune photographe de la francophonie. Je ne pensais pas rencontrer un artiste ici ! Je ne suis pour ma part qu'un modeste amateur...
Nous discutons de l'interdiction, théoriquement toujours en vigueur, de prendre des photos au Congo. Je lui raconte ma mésaventure devant la gare de Pointe-Noire. Il me dit qu'il faut demander une autorisation auprès du ministère du Tourisme. Certains l'attendent encore...
Je souligne l'incongruité de l'interdiction pour un bâtiment construit par les français (on a sans doute encore les plans !) et la facilité d'obtenir désormais des informations par satellite.
Je salue mon "collègue" et file vers le nouveau quartier situé en contrebas.

Minute culturelle

Voilà le portrait du photographe, né en 1976 à Brazzaville, diffusé lors de l'exposition "Confrontation" à Paris : 

Durant la période coloniale, le grand-père d'Ulrich-Rodney Mahoungou fut formé au métier de photographe par un journaliste du service de l'information de l'AEF (Afrique équatoriale française). C'est son père, également photographe, qui lui apprit le métier. Installé à Brazzaville comme photographe professionnel en 1995, Mahoungou commence, à ses heures perdues, à photographier les rues de Brazzaville, ses dépôts de ferrailles sous la lumière ardue africaine. Le Congo et la ville de Brazzaville ont connu pendant près de 10 ans des coups d'état et des guerres civiles jusqu'en 1998. À défendre les intérêts des politiques, les miliciens ont détruit maisons, véhicules, commerces, tué, enlevé, violé les civils. Les impacts des balles, les maisons et les immeubles effondrés sont toujours là pour témoigner. Mahoungou a photographié la ville alors en état de guerre civile, et les miliciens armés. Le plus souvent, dit-il, c'était à leur demande pour garder en mémoire leurs faits d'arme. Certaines brutalités photographiées lui ont valu plus tard des menaces et l'obligation de s'exiler.

 
Voilà deux clichés "soft" d'Ulrich pris pendant les années sombres (je vous épargne les horreurs de la guerre civile sur mon blog) :  

ulrich mahoungou-19


Ulrich-MAHOUNGOU-34.jpg

 
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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 14:30

Avec Honoré et Franck, nous effectuons un petit détour dans le quartier Saint-Pierre. Ayant quitté les voies principales, la chaussée devient boueuse et défoncée. Nous traversons un petit pont surplombant un ruisseau. Au milieu de l'habitat hétéroclite de la "cité", le ruisseau sert en fait de véritable dépôt d'ordures...

Nous arrivons au niveau d'un petit sanctuaire et d'un lieu géré par "Caritas" (ONG de l'Eglise Catholique). J'avais entendu parlé d'une "cathédrale" mais je ne vois point d'église. Elle doit être bien discrète cette cathédrale !
 
P sanctuaire-st-Pierre

Le sanctuaire est dédié à la Vierge Marie et me rappelle un peu celui de la mission catholique de Loango (cf Loango : la mission catholique ). La statue, nichée sur un pseudo rocher, est protégée par une grille. Au pied, quelques bougies à demi-fondues rappellent les voeux de ceux qui viennent prier.
D'ailleurs, je croise une femme qui marmonne quelques mots en se signant. A droite du sanctuaire marial, on trouve une autre statue de la vierge abritée dans un petit bâtiment vitré.

Autour la grande esplanade, on trouve des locaux qui semblent accueillir des classes d'école. Devant l'un d'entre-eux un beau flamboyant égaye ce jour plein de grisaille. Les branches chargées de fleurs rouges vermillon tombent sur le toit.

P-flamboyant-st-pierre

Au fond de la cour, je remarque un arbre gigantesque à la frondaison pyramidale. Je demande à mes amis congolais de quel essence il s'agit. Malheureusement, aucun ne sait !



P-grand-arbre


Ce n'est pas un baobab, qui a un port de branches et un tronc bien différents (cf Sur la route de Loango ), ni apparemment un fromager, ni bien sûr un manguier. Mystère.

 

L'arbre est certainement plusieurs fois centenaires. On le voit en arrière plan du charmant portrait de ces jeunes filles posant à la mission Saint Pierre vers 1960.

 

pointe-noire-mission-saint-pierre

Jeunes filles, mission St Pierre de Pointe-Noire vers 1960 (carte postale © Mission Catholique)

 

La pluie reprend. Nous décidons de ramener Franck chez lui, nous ne sommes pas très loin et cela évitera de payer un taxi. Direction Tié-Tié


Nous sortons du quartier Saint Pierre, Honoré prend au passage un collègue chauffeur, prénommé Jean XXIII (eh oui, cela existe d'être baptisé comme un pape !). Nous prenons ensuite l'une des sept avenues, puis la longue avenue de l'Indépendance. Nous laissons Franck au bout d'une petite rue non goudronnée, près d'un restaurant parait-il réputé, dont j'ai oublié le nom.
Sur le chemin du retour, à Tié-Tié, Honoré s'arrête devant une petite boutique pour prendre quelqu'un. Surprise, il s'agit de Jocksane, une infirmière de la clinique ! Elle m'interroge sur mon périple ponténégrin. Elle me dit que le marché de "Fond Tié-Tié" est encore plus terrible que celui du marché couvert.
Nous filons donc tous les quatre vers le CMS et nous arrivons pile à l'heure, en dépit de la pluie.
Devant la clinique, je remarque que le garde Roland lit un Express vieux de plus de deux ans. Il faudra que je pense à lui donner une lecture plus récente... A l'intérieur, un nouveau médecin est arrivé (Christian).

Après le boulot, je rentre avec Honoré. Il me fait part d'un adage local. Le marché de "fond Tié-Tié" est plus petit que celui de Pointe-Noire et ne permet donc pas d'accueillir tous les marchands. Il se tient le lundi et le vendredi. Ces jours là, les marchands qui n'ont pas pu trouver place dans le marché, feraient en sorte qu'ils pleuvent, pour gâcher le commerce de leurs concurrents ! Les lundi et vendredi seraient donc pluvieux à cause de cela...

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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