Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 14:30

Avec Honoré et Franck, nous effectuons un petit détour dans le quartier Saint-Pierre. Ayant quitté les voies principales, la chaussée devient boueuse et défoncée. Nous traversons un petit pont surplombant un ruisseau. Au milieu de l'habitat hétéroclite de la "cité", le ruisseau sert en fait de véritable dépôt d'ordures...

Nous arrivons au niveau d'un petit sanctuaire et d'un lieu géré par "Caritas" (ONG de l'Eglise Catholique). J'avais entendu parlé d'une "cathédrale" mais je ne vois point d'église. Elle doit être bien discrète cette cathédrale !
 
P sanctuaire-st-Pierre

Le sanctuaire est dédié à la Vierge Marie et me rappelle un peu celui de la mission catholique de Loango (cf Loango : la mission catholique ). La statue, nichée sur un pseudo rocher, est protégée par une grille. Au pied, quelques bougies à demi-fondues rappellent les voeux de ceux qui viennent prier.
D'ailleurs, je croise une femme qui marmonne quelques mots en se signant. A droite du sanctuaire marial, on trouve une autre statue de la vierge abritée dans un petit bâtiment vitré.

Autour la grande esplanade, on trouve des locaux qui semblent accueillir des classes d'école. Devant l'un d'entre-eux un beau flamboyant égaye ce jour plein de grisaille. Les branches chargées de fleurs rouges vermillon tombent sur le toit.

P-flamboyant-st-pierre

Au fond de la cour, je remarque un arbre gigantesque à la frondaison pyramidale. Je demande à mes amis congolais de quel essence il s'agit. Malheureusement, aucun ne sait !



P-grand-arbre


Ce n'est pas un baobab, qui a un port de branches et un tronc bien différents (cf Sur la route de Loango ), ni apparemment un fromager, ni bien sûr un manguier. Mystère.

 

L'arbre est certainement plusieurs fois centenaires. On le voit en arrière plan du charmant portrait de ces jeunes filles posant à la mission Saint Pierre vers 1960.

 

pointe-noire-mission-saint-pierre

Jeunes filles, mission St Pierre de Pointe-Noire vers 1960 (carte postale © Mission Catholique)

 

La pluie reprend. Nous décidons de ramener Franck chez lui, nous ne sommes pas très loin et cela évitera de payer un taxi. Direction Tié-Tié


Nous sortons du quartier Saint Pierre, Honoré prend au passage un collègue chauffeur, prénommé Jean XXIII (eh oui, cela existe d'être baptisé comme un pape !). Nous prenons ensuite l'une des sept avenues, puis la longue avenue de l'Indépendance. Nous laissons Franck au bout d'une petite rue non goudronnée, près d'un restaurant parait-il réputé, dont j'ai oublié le nom.
Sur le chemin du retour, à Tié-Tié, Honoré s'arrête devant une petite boutique pour prendre quelqu'un. Surprise, il s'agit de Jocksane, une infirmière de la clinique ! Elle m'interroge sur mon périple ponténégrin. Elle me dit que le marché de "Fond Tié-Tié" est encore plus terrible que celui du marché couvert.
Nous filons donc tous les quatre vers le CMS et nous arrivons pile à l'heure, en dépit de la pluie.
Devant la clinique, je remarque que le garde Roland lit un Express vieux de plus de deux ans. Il faudra que je pense à lui donner une lecture plus récente... A l'intérieur, un nouveau médecin est arrivé (Christian).

Après le boulot, je rentre avec Honoré. Il me fait part d'un adage local. Le marché de "fond Tié-Tié" est plus petit que celui de Pointe-Noire et ne permet donc pas d'accueillir tous les marchands. Il se tient le lundi et le vendredi. Ces jours là, les marchands qui n'ont pas pu trouver place dans le marché, feraient en sorte qu'ils pleuvent, pour gâcher le commerce de leurs concurrents ! Les lundi et vendredi seraient donc pluvieux à cause de cela...

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
commenter cet article
26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 14:00
Avec "mon" chauffeur Honoré et Franck, nous prenons donc la direction du Grand Marché. Nous traversons le quartier du Plateau et passons devant l'hôpital Adolphe Sicé, le plus ancien de la ville. Nous rejoignons l'avenue De Gaulle et nous voilà aux portes de la "cité". Un premier marché, exposant un ensemble de meubles impressionnant, se situe avant le rond-point Patrice Lumumba.

Le "Grand Marché" se situe au coeur de la "cité", appelée autrefois le "quartier indigène". Sur cette vue aérienne (datant semble t-il d'une vingtaine d'années), on distingue une zone de toits marrons. C'est le marché couvert appelé aussi "marché central". 

A-cite-pointe-noire
Vue aérienne de la Cité

Au niveau du rond-point Lumumba, sept avenues rayonnent et donnent la trame de la cité. Certains racontent que cela symbolise les 7 jours de la semaine. D'autres précisent que cette disposition permettait, à l'époque coloniale, de contrôler d'éventuels mouvements de population (quelques mitraillettes bien placées auraient suffi alors à empêcher l'envahissement de la ville "européenne").

Nous garons notre véhicule en haut du rond-point, près d'une petite boutique qui vend entre autre des jouets pour enfants (petits vélos en plastique...). Sur le conseil d'Honoré, nous ne laissons rien dans le véhicule (il ne faut pas tenter l'éventuel maraudeur !).
Les étals des marchands prennent place dans les avenues et les rues adjacentes au marché couvert. Je reconnais au loin à droite, les minarets et la coupole de la "Grande Mosquée" (cf Vers la Grande Mosquée ).

La foule se densifie au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'épicentre du marché. Les étals et les parasols colorés s'entremêlent, les fruits et les légumes de toutes sortes (mangues, bananes, papayes, oignons, tomates...) forment des camaïeux resplendissants et côtoient les empilements de poissons salés. On n'a pas assez d'yeux pour tout voir. C'est un fatras de taxis, de carrioles, de piétons qui s'entrecroisent et qui étrangement cohabitent sans trop de heurts. Dommage que la météo ne soit pas de la partie... Les averses ont détrempé le sol. La chaussée n'est plus qu'un mélange de boue, de sacs plastiques et de détritus. Franck a eu la mauvaise idée de venir en sandales... Pour ma part, j'essaie d'éviter les flaques boueuses du bord des rues en "dansant" d'un pied sur l'autre. Heureusement que j'ai mes deux accompagnateurs, car je me sens bien seul au milieu de cette foule grouillante qui semble animée d'un mouvement suivant sa propre logique.
Au niveau du marché couvert, Honoré me dit que l'on peut trouver de la "viande de brousse". Autrement dit de la viande d'animaux sauvages (dont malheureusement quelques fois des espèces protégées...). Il me dit aussi que les allées sont très sales et qu'il vaut mieux éviter d'y aller. Nous n'avons pas non plus assez de temps pour parcourir tout le marché.
Le lieu est bruyant car en plus des véhicules, des sonos crachent leur musique saturée et les groupes électrogènes vrombissent dans les boutiques "en dur" bordant les rues. Les odeurs de gaz d'échappement se mélangent parfois avec celles des égouts. Ames sensibles s'abstenir !
Nous prenons une rue latérale bordée de boutiques où les Ouest Africains (béninois, sénégalais, maliens...) étalent leurs vêtements chatoyants. D'autres boutiques offrent des biens d'équipement (casseroles, petits ustensiles...). On me regarde parfois, mais sans agressivité. La plupart poursuivent leur chemin sans prêter attention au petit Blanc explorant le marché.
Devant une échoppe, un homme plonge la main dans un égout à ciel ouvert, visiblement à la recherche d'un objet perdu. Un peu plus loin, le chargement mal amarré d'une carriole chargée de valises tombe au milieu de la chaussée.
La foule s'éclaircit. Un chauffeur de taxi roulant au pas, fenêtre ouverte, nous fait une mauvaise blague. Il crie " Vous avez-vu le voleur ! Il vient de partir en courant...". Mais nous ne tombons pas dans le panneau. Raté, le mundélé n'a pas eu peur !

J'aimerai bien prendre une photo souvenir. Mais Honoré m'en dissuade. Il m'explique qu'ici les gens n'aiment pas être photographiés. C'est vrai que les rumeurs et les mouvements de foule sont parfois imprévisibles en Afrique. Dommage ! Mais ne prenons pas de risque.

Pour donner une idée de l'ambiance (et de la météo médiocre...), j'ai quand même pris un cliché de l'intérieur du véhicule. 

P-marché-st-pierre
Entre le marché et le quartier Saint-Pierre

On distingue au fond les premiers parasols des étals du marché. La voirie est typique d'un jour de pluie à Pointe-Noire...
Nous prenons la direction du quartier Saint Pierre où se situe parait-il un lieu de culte.
 
Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories