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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 20:00

Finalement, je ne trouve pas cette route en meilleur état que l'autre. Simplement, la distance à parcourir sur des pistes défoncées doit être un peu moins importante (environ 40 km). Justement cela se corse... A l'approche d'un passage difficile, nous descendons de notre véhicule. Manu envoie en éclaireur Fred pour repérer la traversée d'une zone humide. Et nous tombons sur un véhicule de couleur noire, que nous n'avions pas vu au départ, embourbé jusqu'à la portière !

Le luxueux 4x4 piloté par un libanais est en mauvaise posture. Impossible de se sortir seul du bourbier. Manu quant à lui arrive de justesse à passer à droite sans s'embourber. Ouf !

Comme je suis arrivé "discrètement" à pied dans la pénombre, quand on découvre ma présence, j'ai droit à la réflexion d'une jeune femme : "T'as vu, j'y crois pas !". Je ne suis accompagné que de congolais et sans doute est-elle surprise par la présence d'un Blanc, tout seul ? Ils sont de leur côté 4 ou 5 dans le 4x4.

 

vehicule-embourbé-congo

Véhicule embourbé (photo d'illustration © dany masson)

 

Je serre la main du conducteur qui m'explique qu'il vient lui aussi des chutes de la Loufoulakari. Il demande logiquement si on peut le tirer avec une corde. Je demande l'avis à Manu, qui refuse. Cela doit être assez délicat à faire et il avance comme arguments le manque de carburant (la jauge ne marche pas, et nous n'avons pas fait de provision depuis le matin au péage de Nganga-Lingolo) et le fait d'un roulement cassé. Tiens, il me l'avait caché. C'était cela le bruit bizarre dans la roue !

Un peu désolé, je me range derrière l'avis de mon chauffeur et propose quand même d'emmener quelqu'un. S'il y a une personne fragile (enfant, personne âgée...) ou désireuse d'aller chercher du secours, on peut toujours la sortir de là. Mon intercoluteur explique que des amis sont partis de Brazzaville pour venir les chercher mais... qu'ils sont à leur tour tombés en panne, avant d'arriver ici !!

La jeune femme que je devine dans l'obscurité exprime son ressentiment : "C'est pas possible, il va nous laisser comme cela !". Le conducteur libanais prend l'épidose avec plus de philosophie "Laisse tomber, il fait ce qu'il veut !".

 

Nous reprenons notre route en espérant ne pas connaître une telle mésaventure. Nous croisons quelques kilomètres plus loin trois hommes à pied, au milieu de nulle part. Ce sont les amis venus au secours des embourbés ! Nous échangeons quelques mots, mais difficile de leur dire à quelle distance du but ils sont. Peu après, nous trouvons leur 4x4 soigneusement rangé au bord de la piste. Le moteur s'est parait-il arrêté d'un seul coup, impossible de redémarrer...

Quelques kilomètres encore et nous croisons cette fois un gros véhicule chargé de policiers, qui vient au secours des "naufragés". Manu essaye d'expliquer la situation, mais ne maitrise pas bien la langue (laquelle ?) et demande alors à l'un de nos passagers de préciser la situation. Nous confirmons en tout cas leur présence effective sur cette route. C'est dingue, à l'aller nous n'avons pas croisé un seul véhicule et pour ce retour de nuit, c'est le troisième.

 

Je commence à trouver la piste interminable, d'autant plus que le mal au ventre me reprend. Les trous, les bosses, les secousses s'enchainent, la végétation défile dans la lumière des phares, parfois les cris de nos passagers fusent à l'arrière quand le choc est trop fort. Quand va t-elle arriver cette route goudronnée ??!

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pool
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 17:45

Manu et Fred échangent quelques mots avec la femme de M. Massangui. Elle reste seule ici, avec un bébé d'environ 1 an. Il ne faut pas avoir la trouille dans ce coin paumé ! Elle semble habiter dans le bâtiment en béton, à l'entrée du site. Il est en grande partie détérioré. Les fenêtres ont été remplacées par des bâches noires en plastique...

Nous demandons aussi conseil sur la route à prendre pour le retour. Notre interlocutrice n'hésite pas : la "route du sud" ! La piste serait en meilleur état. 

 

chutes-manu-fred

Manu et Fred devant les chutes de la Loufoulakari

 

C'est avec un petit sentiment de frustration que je quitte ce lieu, celui de ne pas avoir eu le temps de mieux le découvrir. J'ai tout de même la satisfaction d'assister à un beau coucher de soleil sur la Loufoulakari. Je commence à avoir mal au ventre...

Nous remontons la piste et retraversons les grandes herbes qui fouettent la carrosserie. Au village, il ne faut pas oublier de récupérer ma carte d'identité ! Manu y a pensé, je ne sais plus trop où il faut s'arrêter (il fait nuit...) mais mon chauffeur reconnaît le bon endroit. Nous embarquons à l'occasion de cette halte quelques hommes, qui montent à l'arrière, pour rejoindre un Nganda situé pas très loin. Nous passons le carrefour avec la borne indicatrice en béton et cette fois prenons l'autre route, à droite. Direction Mbandza-Ndounga.

 

chutes-loufoulakari-coucher-soleil 

Coucher de soleil sur la Loufoulakari

 

C'est le début du long chemin de retour. En plus de notre marchande et son bébé (cf  En route pour les chutes : halte vers Kimpanzou), nous avons pris en charge, je ne sais plus trop où, quatre autres passagers et un enfant.

La piste s'avère bien défoncée, nous sommes toujours autant secoués... La lumière des phares renforce le relief et nous avons parfois l'impression de devoir franchir des trous plus importants qu'ils ne le sont. Il m'arrive de descendre du 4x4, tout comme nos compagnons d'infortune, pour parcourir à pied un passage difficile. Mon pauvre Manu doit de nouveau s'échiner pour passer l'obstacle et soumettre la mécanique à rude épreuve.

Etrange sensation que de cheminer de nuit, dans la brousse, au milieu de nulle part. A ce moment-là, je pense que fort "heureusement" les fauves ont disparu et que l'on ne risque pas de se faire dévorer par une bête sauvage. Je demande au papa qui porte sa fille dans ses bras, comment elle se prénomme. C'est la petite Héléna.

Un voyageur transporte dans un bidon du vin de palme. Après avoir franchi une zone particulièrement défoncée, Manu en boit une rasade pour se donner des forces et du courage.

La piste est sèche la plupart du temps, mais nous traversons aussi quelques zones humides, des ruisseaux bordés de bambous. Je croise les doigts en passant les flaques d'eau dont on ne peut pas estimer la profondeur, à moins de descendre à chaque fois du véhicule.


Dans certains passages chaotiques, le moteur du 4x4 cale et Manu est obligé d'éteindre les phares pour pouvoir redémarrer. La batterie est visiblement fatiguée et la jauge de carburant ne fonctionnant pas, nous ne sommes pas sûrs d'arriver à bon port !

J'évoque avec mon chauffeur l'éventualité de passer la nuit dans la brousse... Manu rigole et se dit prêt à parcourir 50 km à pied pour aller chercher du carburant au prochain village.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pool
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