Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
Reprenant le chemin herbeux, nous nous arrêtons au niveau d'un piège (pas vu à l'aller). Il est de grande taille, avec des perches en bois, et des pierres rouges. Le mécanisme du piège est cependant désamorcé.
Je ne sais plus très bien si Godefroy a expliqué que c'était un piège pour capturer des sibissi (aulacode) ou des nkabi (antilope). Enfin, peu importe l'animal qui se fait piéger !
Piège écraseur (2010)
Godefroy précise que pour attirer l'animal, il faut répandre de "l'urine de papa" ou bien du jus de poisson pourri. Sympa comme fumet !
Cette technique du piège écraseur est ancestrale. En bas du plan incliné un fil est tendu. Le moindre déplacement du fil libère le bâton qui soutient le plateau en bois. Celui-ci lesté de pierres s'abat alors sur l'animal, ainsi pris au piège ou tué sur le coup.
Piège écraseur vers 1960 (© Pierre Vennetier)
Nous empruntons derechef la piste ocre (Nationale 3). La poussière oblige Manu à jouer des essuie-glace. Quelques cultures maraîchères sont visibles à l'approche de Dolisie. Un camp militaire est également implanté sur cette route du Gabon.
Route Nationale 3
Au niveau des travaux de la route Nationale 1 (contournement de la ville coupant la Nationale 3), je repère deux beaux arbres perchés sur une gracieuse colline verte. Leur long tronc grisâtre se termine par une élégante frondaison. Vont-ils être épargnés par les travaux ?
Arbres élancés
Nous avons aussi longé un cimetière, perdu au milieu de nulle part. Mes compères évoquent les vols qui sont commis en ces lieux. Je leur demande ce qui est volé, le bois des cercueils ? Non, c'est pire, on vole les corps pour en récupérer les os !! Les corps encore "trop frais" sont bouillis pour en détacher la chair... Blurp, l'horreur est au coin de la piste !
D'après mes compagnons, des rites de ce type seraient pratiqués par des Nigérians. L'utilisation de morceaux de corps humain comme fétiche ou remède miracle semble encore avoir lieu en Afrique. Des rumeurs courent même au Congo sur le fait que des ossements seraient revendus en Europe... pour fabriquer des médicaments !!
Je rassure mes amis congolais sur le peu de crédit à accorder à cette rumeur. Un trafic intercontinental d'ossements ne passerait pas inaperçu. Je ne peux pas croire que la chimie moderne et la galénique utilisent comme matière première ces os. Aucune substance issue de l'os (composé principalement de calcium, magnésium, phosphore et autres sels minéraux) n'est suffisamment rare pour justifier un tel commerce morbide et illégal.