Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
Si j'ai raté la fête de la musique, une semaine plus tard, j'ai la chance de pouvoir aller à un concert de musiciens congolais. Les brazzavillois ne m'en voudront pas, ils viennent juste de l'autre rive du fleuve.
Le groupe Benda Bilili, originaire de Kinsasha, s'est produit gratuitement le 29 juin 2011 au Parc Mistral, dans le cadre d'une manifestation associative, celle des "initiatives solidaires".
L'histoire de ce groupe de musiciens handicapés est singulière et émouvante. Le pauvre staff qui vivait dans les rues insalubres et répétait dans le zoo de Kinsasha espérait devenir célèbre...
Il fut repéré en 2004 par les français Renaud Barret et Florent de la Tullaye. Estomaqués par la vitalité et le talent de ce groupe constitué de personnes atteintes de poliomyélite, assises sur leur étrange vélo-fauteuil roulant bricolé, ils décidèrent de les accompagner. Après 5 ans, ils en firent un film quasi documentaire, portant le nom du groupe "Benda Bilili !", ce qui signifie "Au delà des apparences".
Staff Benda Bilili
Le film fut projeté en ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes 2010. Il remporta un beau succès d'estime et souleva l'enthousiasme. Il passa ensuite dans les salles françaises, mais dans peu de cinémas, ceux du style "Art et essais" (seulement 80 copies). Je l'avais raté lors de sa sortie, mais je me suis rattrapé depuis.
Bref, grâce au film et à leur album "Trés trés fort", les musiciens ont pu venir en France et entamer une tournée (Eurockéennes de Belfort, Printemps de Bourges...).
Bon, les arbres du parc Mistral ne sont ni des manguiers, ni des palmiers mais avec un peu d'imagination... On pourrait se croire au Congo ? Quoique, non, même la météo n'était pas terrible pour une fin juin, il faisait frisquet et la pluie menaçait !
La plupart des spectateurs ne devait pas les connaître... Mais le groupe a réussi sans problème à conquérir le public grenoblois. Les titres de leur premier album, mélanges de reggae, de funk et de rumba, transmettent l'énergie violente de la vie urbaine à Kinsasha. Avec aussi quelques mélodies plus mélancoliques. Et l'étrange son de l'instrument de Roger bricolé avec une boîte de lait. Seul petit défaut, la scène n'était pas assez surélevée pour que l'on puisse voir les musiciens, dont certains étaient, par la force des choses, assis.
En tout cas, quelle énergie et quelle odyssée pour le "vieux" Ricky et ses compagnons ! J'invite ceux qui ne les connaitraient pas encore à les découvrir. A travers le film, le CD, ou les deux, car ils sont complémentaires.