Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
Nous reprenons la route, et l'accueil est plus sympathique à la sortie du village de Pounga. Manu demande à un jeune homme s'il a du manioc à vendre. Ce n'est pas le cas, mais j'en profite pour donner quelques bonbons aux enfants.
Il y a alors une grand-mère qui sort en courant de sa bicoque pour venir chercher des friandises ! La pauvre femme, habillée d'un pagne, est petite et maigre. Elle tend vers moi la paume de ses deux mains. Privilège de l'âge, elle a droit à plusieurs bonbons. Elle me gratifie ensuite de quelques "matondo" (merci). J'espère que sa vieille dentition ne sera pas affectée par ce petit cadeau qui semble lui faire tant plaisir...
Nous reprenons l'ascension des reliefs du Mayombe. Je note au passage que l'important ravin (cf Route de Dolisie : le grand ravin ) va être protégé par un muret de pierres, en cours de construction. Après 40 minutes de trajet, Manu s'arrête au milieu de nulle part. Il a repéré au bord de la piste un jeune homme avec un sac. C'est un vendeur de gibier. Il sort de sa "gibecière" deux petits animaux qu'il a chassé lui-même dans la forêt.
Il s'agit d'un grand écureuil (mâle) au pelage roux. La queue se termine en un panache touffu de couleur grise, émaillé de blanc.
Ecureuil de la forêt du Mayombe
L'autre animal est un grand rat au pelage fin et au ventre blanc. Ce rongeur est presque beau ! La queue est aussi longue que le corps et l'ensemble dépasse les 50 cm. L'extrémité de la queue du rat est dépigmentée et donc rose.
Thierry le chasseur
Notre interlocuteur se prénomme Thierry Gaëtan. Manu hésite entre les deux gibiers... Il choisit finalement l'écureuil pour 700 FCFA. Je photographie notre chasseur avec le grand rat (femelle) et lui donne pour le tout 1 000 FCFA. Il est heureux d'avoir trouvé un client.
Rat du Mayombe
Manu regrettera ensuite un peu son choix, car le rat était bien plus dodu que l'écureuil. Mais sans doute l'aversion naturelle pour les rongeurs a t-elle joué dans sa décision.
Les congolais appelle ce rat "Nkumbi" et il s'agit probablement de l'espèce dénommée Rat géant de Gambie (Cricetomys gambianus) ou Cricétome des savanes. Il peut peser jusqu'à plusieurs kilos !
Rat géant de Gambie (Michigan Science Art © Holder)
Quant à l'écureuil, pas facile de l'identifier. Des congolais m'ont parlé du "rat palmiste" autrement appelé Xérus, écureuil fouisseur, mais le pelage ne correspond pas. Il ressemble plutôt au Grand Ecureuil de Stanger que l'on peut trouver en forêt en Afrique Centrale.