Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
En ce lundi matin, à l'hôtel, je salue Patrice qui prend son service. Il me dit qu'il retourne prier ce soir, dans le cadre d'une "retraite"...
C'est la reprise du travail à la clinique. Un incident se produit dans la matinée. Un groupe d'une vingtaine de manifestants passe silencieusement devant le siège de Total et la clinique. Une pancarte improvisée sur un morceau de carton indique "Non à la réélection de Sassou, Total E&P Congo complice...". Le petit groupe est encadré par des forces de l'ordre habillées en vêtements de camouflage, armes en bandouliére.
Virginie, la secrétaire, qui se trouve à ce moment là dans mon bureau dit "Cela fait peur !". Je lui dis qu'en France on voit ça tous les jours et que c'est l'expression normale de la démocratie. On a le droit de s'exprimer et de ne pas être d'accord avec le pouvoir en place ! Mais, c'est un peu tard pour l'élection de Sassou...
La manifestation est de courte durée, on voit peu de temps après passer rapidement sous nos fenêtres, un pick-up bleu qui emporte un (ou des ?) manifestant(s) à l'arrière du véhicule. Est-ce les leaders qui ont été embarqués manu militari ? Il faut être courageux pour manifester au Congo...
Patrick me confirme que l'opposition est opprimée (lors des élections présidentielles, les meetings ont bien souvent été interdits ou annulés sous des motifs détournés, l'accès aux moyens de communication pour faire campagne était fort restreint). De jeunes opposants de Pointe-Noire ont mystérieusement "disparu" avant l'élection du 12 juillet... Dans le meilleur des cas, ils croupissent dans quelque geôle insalubre.
La peur de Virginie s'explique aussi par le fait que, par le passé, des manifestations ont été réprimées dans le sang. Drôle d'ambiance.
A midi au Derrick, je croise le "grand" Fabrice que j'avais rencontré en octobre au CCF et chez Manu. Il s'étonne que je me souvienne de son prénom... mais pas longtemps, quand je lui dis que je partage le même !
Il fait enfin soleil aujourd'hui mais le temps est assez frais. Arsène est toujours là et me dit que mercredi, il ouvrira sans doute son stand. A voir...
Le soir, je retrouve Gauthier qui m'apporte l'autorisation de sortie d'oeuvres d'art. Je paye le reste de mon dû. Il essaye de me soutirer les 2500 FCFA dudit papier... Je refuse en lui indiquant que cela fait partie de ses frais de "commerçant" !
Les premières coupures d'électricité de mon séjour interviennent. Cela détraque mon radio-réveil qui prend de l'avance...