Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
En ce lundi matin, il est un peu difficile de se lever... Je me rends comme de coutume à la clinique vers 8h.
Comme convenu, je passe vers 14h à la boutique "Couleurs d'Afrique" afin de récupérer le tissu commandé (cf épisodes précédents...). Deux jeunes qui tiennent la boutique me disent que le "patron" est parti à l'aéroport et ne savent pas me renseigner. J'échange quelques mots avec eux. Ils sont maliens et m'expliquent que la pauvreté les a poussés ici. Le Mali, pays semi-désertique, est encore moins bien loti que le Congo... Mes interlocuteurs sont surpris que je connaisse le nom de quelques villes du Mali. Serge, le "patron" (lui aussi malien), arrive en taxi. Il me dit que l'ouvrage n'est pas encore livré par la couturière et qu'il faut repasser plus tard... Soit ! Plus tard, à la clinique, Irma me dit qu'elle est passée à la boutique et m'indique que le travail de couture a été bien fait. J'y retourne donc vers 17h (c'est à 3 minutes en voiture). Les deux jeunes ne sont plus là, mais le commis de l'autre jour est à l'intérieur pendant que le patron discute dehors. Je lui demande le tissu. Il ne sait pas où il est rangé... Vu l'empilement dans la boutique (Vie quotidienne... 2ème semaine (suite) ) ce n'est pas facile ! Son téléphone portable sonne (la sonnerie est une chanson de Tiken Jah Fakoly !) et il me laisse en plan. Finalement, c'est moi qui met la main en premier sur le batik, reconnaissant les motifs (pour ceux que cela intéresse, c'est tout un art pour créer des batiks : http://www.african-concept.com/art-batik.html). La jonction entre les deux tissus est bien réalisée et les couleurs s'accordent. Le commis cherche cependant à m'embrouiller en prétendant que le travail de couture a coûté 2 ou 3 mille francs de plus. Le prix ayant été fixé à l'avance, je n'en tiens pas compte. J'interromps à l'extérieur Serge dans sa conversation, en m'excusant. Je sors mon reçu et verse les 5 000 Francs restants au patron. Celui-ci est correct et ne me demande aucun surplus. Je retourne travailler. L'inventaire de la pharmacie ne fonctionne toujours pas... Le soir à l'hôtel, je retrouve Patrice. Il me dit que les enfants ont fini le gâteau ce matin avant d'aller à l'école. Ils se disputaient pour voir le livre offert. J'apprends au fil de la discussion qu'il a eu 2 autres enfants avec une première femme, décédée. Il est donc le père de huit enfants.
Le mardi 27, c'est la veille de mon départ prévu. Je dois prendre l'avion le mercredi soir. Gauthier passe le matin à l'hôtel pour me dire au revoir. Il porte un tee shirt de foot allemand et je le charrie un peu. Partant au boulot, je propose à Gauthier de le déposer quelque part. En voiture, il ne sait pas qu'il faut mettre une ceinture de sécurité. Nous remarquons un chien écrasé devant la gare. Gauthier descend prêt du magasin Casino. En milieu d'après-midi, changement de programme ! Olivier me demande, suite à l'appel de Vincent, si je peux rester plus longtemps. Il y a encore du boulot et des jours de prestation à réaliser prévus au contrat. Combien de jours ? Il faut aussi régler les problèmes pratiques, hôtel, avion et le visa qui expire le 29 !! On fait donc un saut au siège de Total pour étudier la question. Pour l'hôtel, c'est rapidement réglé. Je fais la connaissance d'une sympathique dame congolaise qui s'occupe des réservations. C'est sans doute elle qui, sur ordre, m'a mis au dernier moment au St Jacques... Le responsable des visas m'indique que je n'aurai la prolongation officielle que le jour de mon départ. Entre temps, je vais donc être "clandestin" ... Il me conseille ainsi de "rester sage" ! J'informe l'entreprise et décide du nombre de jours supplémentaires en fonction de mes futures obligations. Ce sera donc un départ lundi soir. Reste à modifier le billet d'avion. En fin de journée, des éclairs zébrent le ciel. Un vendeur de pain passe dans la rue devant la clinique vers 19h et crie "chaud !" pour attirer l'acheteur de pain frais. Original.
Dans la nuit, il pleut pas mal. Un ou des crabes ont gratté ma porte pendant la nuit. Heureusement que je les ai vu faire auparavant, sinon ce pourrait être stressant ces crissements étranges... Peut-être ont-ils fui leur refuge inondé par la pluie ? Le mercredi matin est difficile. Selles liquides, nausées, fièvre légère sont au programme. J'arrive en retard à la clinique vers 8h50. C'estpas la forme olympique... Patrick me prescrit une association Fasigyne / Oflocet (antiparasitaire / antibiotique), parait-il très efficace. Dans la matinée, Olivier me conduit à l'Agence Air France de l'Avenue de Gaulle. C'est réglé pour le changement d'avion à quelques heures seulement du départ prévu. Les odeurs de pots d'échappement, conséquence de la circulation sur cette grande artère, me donnent la nausée. A midi, je retourne à l'hôtel pour me reposer. Sous la paillotte, je tente de manger mais cela ne passe pas. Je grignote un peu de mon bar grillé. Gauthier passe dans la rue et m'interpelle. Je l'invite à partager mon poisson. Je l'informe de la prolongation de mon séjour. Il m'invite donc à le retrouver dimanche vers 15h. Au fil de la conversation, il me propose de m'installer au Congo, voire même d'épouser sa soeur !! L'après-midi est long. J'ai le ventre balloné et suis contraint de détacher un bouton de mon jean... Le soir, je ne mange pas. Je trouve qu'il fait frais pour la première fois de mon séjour.