Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
Après le week-end écoulé, je décide de signaler les petites imperfections de ma chambre. Je laisse à l'accueil une fiche de maintenance pour les 3 éclairages défectueux.
Je laisse aussi un mot à la femme de ménage. En retirant la taie, j'ai découvert que mes oreillers étaient moisis... voilà pourquoi ils ne sentaient pas très bon ! Un changement serait le bienvenu.
Je retrouve vers 8 h mon chauffeur Manu qui me conduit au CMS. En cette première journée de travail pleine, nous attaquons avec Patrick la correction des dossiers patients (liste de 650 noms...). Je fais le point avec le Professeur Hovette sur la gestion des consultations et sur la pharmacie avec Olivier et Maurice. Une journée bien remplie.
Le midi au Derrick, je retrouve de vieilles connaissances parmi les vendeurs ambulants. Je reconnais Martin, spécialisé dans les bronzes. Je lui demande de me chercher des statues de femme (commande de mon frère).
Arsène est toujours là. Il me raconte qu'il lui manque encore un peu d'argent pour obtenir une autorisation d'ouverture de sa boutique. Après avoir payé ses dettes (colliers en malachite), il me dit qu'il ne lui reste pas grand-chose... Je lui file 8 000 FCFA en lui faisant comprendre que c'est sans doute la dernière fois, car j'attends des preuves concrètes de son installation.
Je reprends contact avec Patrice, n'ayant pas de nouvelles. Il est malade et coincé à la maison par une crise de palu. Sympa les congés... Sa femme est partie priée pour sa guérison. Il me passe son fils Chris au téléphone. Je lui dis que je passerai le voir demain chez lui vers 19h.
Le soir même à l'hôtel, je retrouve Martin qui me présente ses trouvailles. Les gardes permettent au vendeur d'entrer sur le parking sous un lampadaire (il fait déjà nuit). Une "porteuse de coupe" en bronze retient mon attention. Il me dit que c'est de l'ethnie Yombé. La femme est agenouillée (position traditionnelle de l'accouchement). Est-ce un symbole de maternité ou simplement une référence à une cérémonie au cours de laquelle la femme apportait de l'eau ? J'achète pour moi deux penseurs Yombe en bronze de 10 cm de haut, un homme et une femme. Martin me dit qu'il a vendu le bel ensemble de statues qu'il m'avait présenté (cf épisode précédent). Je ne donne qu'une partie du montant afin de récupérer de la part du vendeur l'autorisation de sortie d'objets d'art.
Un autre vendeur que je ne connais pas, Jacques, me présente ses "trésors" (masques, statues, pipes...). Il insiste pour que je lui achète quelque chose. Je prends un petit masque à dominante rouge, représentant un homme Tchokwé. Il présente des scarifications verticales au niveau des joues et une scarification caractéristique au milieu du front. Il viendrait du Cabinda voisin. J'indique à Jacques que je recherche une statue de femme en bois, style maternité.
Enfin, en retrouvant ma chambre je constate avec satisfaction que les trois éclairages fonctionnent désormais dans l'entrée, les toilettes et la salle de bains. Mes deux oreillers ont été également changés. Comme quoi, il suffit de demander. Merci le Palm Beach !
Quelques minutes plus tard, je reçois un appel. Roland (ex garde de la SCAB) passe me voir. C'est lui qui a réparé l'électricité (c'est sa formation initiale). J'en profite pour lui donner sa photo (cf épisode précédent Dimanche ponténégrin ). Il est toujours intéressé par la photographie et aurait bien aimé que je lui ramène un appareil de France. Il n'est pas du tout au courant des prix... Il m'explique qu'il a de meilleures conditions de travail à l'hôtel. Mais le statut est plus précaire : les contrats sont de 3 mois au lieu d'un engagement pour 2 ans à la SCAB.