Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
Après la main mise des Hollandais, des Portugais et des Anglais sur le commerce de la région, les Français prennent l'avantage au 18ème siècle. Deux traités en 1786 et 1791 leur donnent la possibilité d'effectuer une "traite libre" sur la "côte d'Angola".
Quelques documents montrent la réalité de la Traite Négrière pratiquée dans les différents royaumes du Congo. Certains sont issus du récit de Louis Ohier Degrandpré dans "Voyage à la côte occidentale d’Afrique, fait dans les années 1786 et 1787, contenant la description des moeurs, usages, lois, gouvernement et commerce des Etats du Congo, fréquentés par les européens, et un précis de la traite des noirs, ainsi qu'elle avait lieu avant la Révolution française, ... ". L'ouvrage est publié par le capitaine négrier en 1801.
L'une des gravures montre le courtier Tati (surnommé "Desponts") porté par ses employés dans un hamac. Il vient de sa "petite-terre" c'est à dire de sa propriété située à proximité de Malembe.

Une autre gravure montre la capture d'un nègre par un indigène armé d'un fusil. Le captif récalcitrant est maintenu par un "bois Mayombe" autour du cou. Il s'agit d'une fourche de bois bloquée par une cheville. En arrière plan, les autres noirs "plus dociles" sont tenus par la main (cas d'une femme) ou par une simple corde. Il s'agit bien sûr d'une représentation édulcorée de la réalité... L'aire de capture s'étendait jusqu'à 300 km à l'intérieur des terres.

On retrouve le "courtier Tati" dans un document très rare tenant la sinistre comptabilité des esclaves, "nègres, négresses, négrillons et négrilles", vendus aux Français. Il s'agit du registre de traite de La Manette, navire négrier bordelais, datant de 1790. Les "captifs" viennent des régions périphériques mais pas des royaumes locaux. Spécificité de cette traite, on retrouve dans la liste des courtiers de nombreux dignitaires du royaume.
En 1773, l'Abbé Proyat, missionnaire, relatait les faits suivants : “ Le commerce des hommes qui s’exerce sur les côtes n’intéresse comme l’avons déjà dit, qu’un petit nombre de personnes qu’on peut considérer comme les riches et les puissants. Quant au peuple ne connaissant de nécessité que celle de se nourir et de se vêtir, et de la manière la plus grossière et la plus simple, il borne son commerce à bien peu de chose: poisson enfumé, manioc et autres racines, sel, noix de palme canne à sucre, bananes et autres fruits “.
Les esclaves font l'objet d'un troc dont on tient une liste précise. Ils sont échangés notamment contre des tissus, et même des peaux de chat venues d'Europe, dont se parent ensuite les courtiers. Pour abriter les négociations et échanges, les européens mettent en place des comptoirs, parfois provisoires. Les esclaves sont emprisonnés sous la maison du capitaine négrier (surélevée de 2 mètres au dessus du sol), appelée "quibangua", avant d'être embarqués sur les navires.
Sources :
http://www.histoire-image.org/
http://historiensducongo.unblog.fr/
Quelques repères historiques français sur l'esclavage
1642 : autorisation de la traite négrière et de l'esclavage dans les possessions françaises par Louis XIII
1685 : Sous Louis XIV, Colbert établit le "Code Noir" fixant le statut des esclaves. Ils sont dépourvus de toute personnalité juridique et civile, et sont la propriété de leurs maîtres, au même titre que le mobilier.
1777 : Louis XVI interdit l'entrée en France "des Nègres, mulâtres et gens de couleur".
1788 : la "Société des amis des Noirs" est créée à Paris et oeuvre pour l'abolition de l'esclavage.
1789 : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
1793 : suite aux insurrections, le Commissaire de la République proclame l'abolition de l'esclavage à Saint Domingue (actuelle île d'Haïti).
1794 : la Convention abolit l'esclavage dans les colonies françaises, sous l'impulsion de Danton et Dufay.
1802 : Bonaparte rétablit l'esclavage et la traite négrière (sous des motifs économiques)
1815 : Napoléon 1er abolit la traite négrière (mais pas l'esclavage)
1848 : l'abolition de l'esclavage est votée et inscrite dans la Constitution Française. L'Angleterre a aboli l'esclavage en 1833, mais d'autres pays maintiendront ce régime pendant encore quelques décennies, comme les Etats Unis (1865), le Portugal (1878) et le Brésil (1888).