Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
Avant de reprendre la route, j'immortalise l'instant en photographiant mon sympathique chauffeur et guide, Emmanuel (autrement dit "Manu"). Il retire sa casquette pour le cliché.

Demi-tour en direction de Diosso. Nous nous arrêtons dans le village pour boire un verre. Manu me suggère de laisser mon appareil photo dans la voiture. Je suis son conseil.
Nous retrouvons notre "indicateur de chemin". Je l'invite à nous rejoindre, même si Manu ne semble pas très chaud... Nous nous installons sur une table, prêt d'une bicoque en bois et commandons des bières. Manu m'informe qu'il n'y aura pas de verre... je lui réponds que cela ne me dérange pas pour boire une bière !
Une sono crache de la musique locale. Un petit gamin sachant à peine marcher, se dandine sur la piste et tombe le nez dans la poussière. Les gens défilent devant la petite boutique pour faire leurs achats.
Notre convive s'appelle Romaric et s'avère fort sympathique. Il a 19 ans. Quand je lui demande ce qu'il fait dans la vie, il me dit être le "caddie" du secrétaire général de Total Congo. J'ai fait justement sa connaissance très récemment. Il me demande à son tour si je joue au golf. Je lui répond que je ne suis que de passage et un tout petit "chef" par rapport à son employeur habituel.
Manu me montre derrière moi un autre grand baobab. Romaric raconte que des jeunes montent dedans pour y cueillir les fruits. Il faut assurer ! En face, il y a de grands avocatiers.
La discussion s'oriente ensuite sur le tourisme. Manu explique enfin son attitude rétive à l'encontre de notre interlocuteur. Il craignait d'être racketté. En effet, il a eu une mauvaise expérience aux gorges de Diosso où un groupe de jeunes agressifs voulait soutirer de l'argent aux "blancs" qu'il accompagnait. Ces malotrus n'avaient rendu aucun service mais se croyaient en quelque sorte propriétaires des lieux. Manu précise notamment que les femmes avaient eu peur.
Romaric dit que ce n'était pas des gens du coin, "pas des vilis". Il déplore ce genre de comportement qui ne peut être que néfaste pour le village. Effectivement, le bouche à oreille entre expatriés peut rapidement dissuader toute visite sur le site et donc toute retombée pour Diosso.
Pour ma part, je n'avais eu aucun souci lors de ma visite (Les gorges de Diosso), bien au contraire j'avais rencontré un aimable collégien en train d'apprendre ses leçons.
Nous terminons notre (maxi) bière à la nuit tombée. Je règle les consommations et salue Romaric avant de reprendre la route vers Pointe-Noire. Une fois dans la voiture Manu me dit que Romaric a "tout compris".
Je paye la taxe de 1000 FCFA au péage de Lemba. Manu râle auprès du policier car le véhicule pourrait passer gratuitement (il est en effet référencé pour la colonie de vacances). Retour sans souci à Pointe-Noire avec peu de bouchons. Je ne pensais pas voir autant de tombes aujourd'hui ! Mais les cimetières sont les rares témoins de l'histoire locale, car il est rare dans les parages de trouver une construction antérieure à 1920.
Dans la monnaie rendue au péage, je découvrirai ensuite avec surprise des scènes vues dans cette journée. Sur un vieux billet de 500 FCFA, un peu noirci par les ans, je retrouve en effet d'un côté, "mon" baobab à deux troncs ( Sur la route de Loango )...

et sur l'autre face, les vaches croisées près de là !

Belle synthèse fiduciaire de choses vécues, les antilopes en moins cependant.