Arrivé chez Patrice, je salue toute la famille. Il y a même la "grande soeur" de Rosine que je vois pour la première fois, à laquelle je tend la main... et qui me fait la bise. Les enfants doivent se laver et s'habiller dans la perspective d'aller à l'office.
Patrice n'ayant rien mangé, en attendant nous décidons d'aller à pied jusqu'à un petit bistrot. Nous cheminons sur la piste sableuse et rejoignons la route de l'aéroport. Il faut traverser avec prudence, la vie de piéton est précaire ici... Nous nous installons en terrasse. C'est assez bruyant à cause de la sono et du trafic toujours important sur cet axe ponténégrin. Patrice commande un Coca et un dessert, une sorte de choux à la crème, bien nourrissant. Il a d'ailleurs beaucoup de mal à le finir !
Nous discutons notamment de la famille. Quand je lui dis que ma grand-mère paternelle a donné naissance à 10 enfants (entre 1923 et 1942), il me répond bien sûr qu'elle était "africaine" ! Mais c'est très rare aujourd'hui en France d'avoir autant d'enfants alors qu'en Afrique c'est encore fréquent. Pour équilibrer, mon autre grand-mère n'a donné naissance qu'à ma mère.
Nous retournons chez Patrice mais cette fois-ci en passant de l'autre côté, c'est à dire par ce que je qualifie de bidonville. Nous croisons trois jeunes femmes. Patrice me dit qu'elles parlent de moi. Je lui dis que j'avais compris car j'ai entendu le mot "mundele". Elle s'étonne sans doute de ma présence ici... En progressant à travers le sentier qui longe des baraques faites de bric et de broc, les "mundele" bruissent sur mon passage dans la bouche des jeunes enfants ("y'a un blanc !"). Ils jouent dans la poussière ou prêt de flaques d'eau croupie, au milieu des animaux domestiques ou des immondices. Je dis "bonjour" à un petit garçon qui me répond de même, en me regardant avec des yeux tout ronds. Certaines maisons en bois sont anciennes. En effet, l'érosion du sol, parfois de près d'un mètre, surélève de fait la bicoque (le sol est protégé par la maison elle-même). J'imagine les dégâts à la saison des pluies où les sentiers se transforment en bourbiers...
Nous croisons une poule blanche et ses poussins qui grattent un tas d'ordures pour trouver à manger. Je fais un écart car j'ai l'impression que le gallinacé tente de me filer un coup de bec pour protéger sa progéniture... Patrice rigole "elle est blanche pourtant, elle devrait pas être raciste pour toi !". Avant d'arriver derrière la maison de Patrice, nous enjambons un ruisseau en posant le pied sur une pierre. Le filet d'eau nauséabond est un vrai cloaque servant à évacuer les eaux usées et les toilettes qui s'y déversent.
De retour à la maison, je donne mes "cadeaux" à Rosine. Il s'agit de vêtements donnés par quatre de mes neveux et nièces (Erwan, Pierrick, Léa et Bertille). A peine ai-je remis le sac, que les enfants font leur choix et les essayages ! Les plus petits trouvent leur bonheur, notamment Chance (eh oui, la seule petite fille). Christ (le grand) met le sweet Adidas d'Erwan et Chris (le petit) un T-shirt de Pierrick. Prefna, la grande fille de Patrice que je vois pour la première fois, doit être un peu frustrée car il n'y a rien pour elle...
Peu après, je constate que Christ lave ma voiture, sans doute pour me remercier. C'est vrai qu'elle a été salie par le filaos de l'hôtel. Je lui indique de ne pas trop se casser la tête vu l'engin. Galey passe faire un peu de mécanique mais ne reste pas.
C'est l'heure de partir à la messe, en ce dimanche après-midi. Un neveu de Patrice, conducteur de taxi, vient chercher une partie de la famille et moi j'emmène l'autre. Il a une vingtaine d'années et est de petite taille (à côté, j'ai l'impression d'être grand, c'est pour dire !). J'embarque Patrice et les deux garçons ; pas de sièges arrières... Christ et Chris montent donc dans la "bétaillère". Cela les amuse plutôt !
Nous traversons une partie de la ville et prenons la direction de Songolo. Nous quittons la route goudronnée et tournons ensuite à gauche. Il y a déjà plein de voitures garées. Au bout du chemin sablonneux, je fais demi-tour pour être dans le sens du départ. Cela risque de bouchonner pas mal à la sortie !