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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 21:06

Après notre arrêt près de la voie ferrée, nous redémarrons. Mais 50 mètres plus loin, nous sommes arrêtés par un contrôle de la Police Nationale. Je serre les fesses car mon visa est expiré depuis 2 jours... Fort heureusement, le policier me demande uniquement mon permis de conduire. Je lui présente mon permis international et passe le contrôle sans souci. Ouf !

Je repars en direction du nord-ouest de la ville. Nous passons le rond-point, devant l'hôpital de Loandjili, et poursuivons en direction de Brazzaville. Les faubourgs défilent, animés, souvent sales et désordonnés. La route est par endroit fortement dégradée. Nous passons devant un marché au poisson, couvert, avec des bacs en ciment. Patrice me fait remarquer un homme poussant une carriole. Il me dit  : "Il aurait fait un bel esclave !". L'homme présente en effet une musculature naturelle impressionnante et paraît, non pas marcher, mais danser en poussant sa charge.

Arrivés en bas d'une côte, nous sommes ralentis puis stoppés. Patrice cherche en vain à savoir le motif du blocage auprès des passants. Des taxis déposent leurs passagers qui continuent à pied. C'est une joyeuse pagaille qui prend forme... Des véhicules font demi-tour, provoquant des embouteillages dans l'autre sens de circulation. Voitures, piétons, motos, bus s'entremêlent et tentent de se frayer un chemin. Parmi eux, un convoi funéraire (en haut de la côte se situe un grand cimetière, sur le Mont Kamba). Il faut rester prudent afin de ne renverser personne. La situation peut rapidement dégénérer en cas d'accident.
Un bus bouscule légèrement ma voiture en faisant demi-tour. Lors d'un redémarrage, un taxi accélère trop brusquement et me rentre dedans à l'arrière. Bruit de verre brisé. Je descends de la voiture. Pas de dégâts pour moi, le pare-choc a rempli sa fonction, mais le taxi a cassé un phare. Le chauffeur s'engueule lui-même. 
Après un long moment, un policier passe en moto. Nous découvrons plus tard, après une lente progression, qu'un camion arrêté en haut de la côte est à l'origine du bouchon. Panne ? Abandon ? En tout cas, nous avons perdu une heure dans le bouchon. Décidément, ce n'est pas le bon jour, le retard s'accumule...

Nous passons devant l'entrée du cimetière où des petits tas de cailloux servant à la confection des tombes sont empilés. Nous prenons la route de Mengo, mais ô surprise, à la sortie de l'agglomération le bitume a disparu et est remplacé par une piste ! Un panneau nous informe que la route doit être reconstruite en 30 mois par... une entreprise chinoise. Une de plus.
Plus loin, c'est une large piste de terre ocre qui s'offre à nous au lieu de la route goudronnée (route "nationale" mais plus proche d'une départementale française). La forêt d'eucalyptus a été en partie tronçonnée.


 

Au début du parcours, la piste est carrossable mais elle se dégrade rapidement. Il faut noter que bien que les travaux ne soient pas achevés, on croise des grumiers. Ceux-ci défoncent quelque peu la chaussée...


 

Le chauffeur de ce grumier revenant de la forêt fait signe pour ne pas être photographié. Pourquoi ? Il n'assume pas sa participation à la destruction de la forêt congolaise ? Son transport est illégal ? Après l'Amazonie, l'Afrique Centrale possède le deuxième massif mondial de forêts tropicales. Pour combien de temps encore ??
En fait, des concessions ont été accordées aux Chinois par le gouvernement Congolais afin d'exploiter la forêt. Celle-ci couvre environ 65% du pays. Cette nouvelle route semble n'avoir pas d'autre but que de faciliter cette exploitation. Le motif officiel est de reconstruire la route menant à Brazzaville.
Note d'espoir, la RDC voisine vient de réviser en janvier 2009 certaines concessions accordées aux Chinois (pour 25 ans !) car ceux-ci n'ont pas tenu leurs promesses (emplois locaux, construction d'écoles, respect de l'environnement...). La fraude sur la certification du bois est fréquente (coupe dans les réserves nationales) et des arbres hors normes (trop jeunes) sont souvent coupés.
On reproduit les mêmes erreurs qu'à l'époque coloniale où des compagnies (alors européennes) exploitaient des concessions au mépris des populations locales...

Nous voyons un autre camion bondé de passagers, assis à l'arrière, par dessus les marchandises. Ils sont en route pour Brazza ou pour les villes situées sur le long trajet. Un voyage en taxi serait bien sûr beaucoup trop cher... Les pauvres vont subir des conditions de voyage très peu confortables et de plus dangereuses. A nouveau, les passagers font signe pour ne pas être photographiés. Cette fois-ci, pas de cliché.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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Zaer 05/04/2011 00:22



Bonjour,


Je m'appelle Zaer, autoentrepreneur et reporter photographe indépendant.


J'ai pour projet de me rendre moi aussi en RDC, dans le cadre de l'Année Internationale des Forêts 2011...


Je serai ravi que vous me fassiez partager votre expérience..


N'hésitez pas à me contacter..


Amicalement..


Zaer..



Fabrice 05/04/2011 08:40



Bonjour ! Côté forêts, il y a de quoi faire en Afrique Centrale et de belles photos à prendre. Cependant, je ne suis pas allé en RDC mais au Congo Brazzaville.



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