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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 15:45

Nous atteignons les voies. C'est bien un train ! Il arrive tout juste à la gare de Bilala. Nous avons à peine le temps de dégainer l'appareil photo que le train redémarre... Deux promeneurs, un jeune homme et une jeune femme nous ont précédé sur le sentier.

 

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Train en gare de Bilala (© FabMoustic)

 

La motrice peinte en bleu, et barrée des couleurs du Congo (vert, jaune, rouge), fonce vers nous.

 

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Motrice du train CFCO (© FabMoustic)

 

Le conducteur et ses collègues du CFCO nous font un signe amical (le pouce levé) et se prêtent volontiers au cliché. 

 

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Motrice et conducteur du train CFCO (© Truuuc)

 

Il y a quelques passagers, avec bagages, assis derrière la rambarde de la motrice et un autre assis tout derrière. Quelques containers suivent la motrice. S'agissant d'un train de marchandises, ces passagers sont des "cabris", voyageurs non officiels mais désirant rejoindre Brazzaville ou une autre ville située sur le trajet.

 

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Train de marchandises à Bilala (© Truuuc)

 

Un homme habillé d'un treillis grimpé sur un wagon nous fait par contre un signe nettement moins amical... Il passe son pouce sous sa gorge ! Signe classique pour représenter l'égorgement.

Je demande à Aurélien s'il a compris le message. Il interprète naïvement ce signe comme la seule volonté de ne pas être photographié.

Bon, il ne sait pas que le pays sort tout juste de la guerre civile et que des rebelles sont toujours actifs, particulièrement dans le Pool. Des voyageurs routiers ou ferroviaires étaient rançonnés il y a peu sur ce trajet (vers Mindouli). Cet homme a sans doute des choses à se reprocher et visiblement ne souhaite pas du tout être photographié. La réaction "normale" que j'ai déjà rencontré c'est des personnes qui vous disent simplement "pas de photo, pas de photo" ou "pas de film".

  

mayombe-bilala-train-marchandises

Wagons du train de marchandises (© FabMoustic)

 

Aurélien ne sait pas non plus que l'on peut malheureusement passer en quelques minutes de la bonhomie à la barbarie. Mieux vaut être prudent... En cas d'accident de la circulation avec un dommage corporel, le chauffeur et ses passagers peuvent être pris à partie, avec un risque de lynchage. Les phénomènes de foule sont incontrôlables. En 2005, un prêtre italien avait été lynché à mort par des villageois dans la région de la Cuvette, après avoir renversé et tué une fillette de 3 ans...


Derrière les containers, suivent des wagons bâchés. Aucune idée de ce qu'ils contiennent. Le train de marchandises est bien long !


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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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commentaires

michel 21/10/2015 21:52

Votre blog est vraiment intéressant et même passionnant.
Mon frère a participé au réalignement du CFCO dans les années 1980. je vais lui passer le lien.
Je suis un passionné de chemin de fer et j'ai fait des recherches sur le CFCO qui m'a amené à votre blog.
J'ai lu dans votre blog que l'ancienne ligne entre Dolosie et Bilinga existait toujours et qu'il y avait encore du trafic dans les années 2010. J'ai découvert quelques images de cette ligne quelque peu envahie par la végétation. Qu'en est il en 2015, y a t il encore du trafic ?
Je continuai le voyage et j'ai vainement recherché la gare de Bilala. Ou se situe t elle ? Je ne la vois pas sur les plans de lignes.
J'ai encore beaucoup de page à lire ce qui me permet de mieux connaître l'Afrique et le Congo en particulier.
Cordialement

Fabrice Moustic 21/10/2015 23:18

Bonsoir,
Merci de l'intérêt porté à mon blog ! La petite gare de Bilala se situe à l'orée du massif du Mayombe, entre Hinda et M'Vouti, tout près de Bilinga. Bilala est toujours en exploitation. Je pense que l'ancienne ligne est encore utilisée pour le fret, transport de marchandises à vitesse lente.
Passez par le sommaire du blog pour lire les articles dans le bon sens.

charles 30/06/2013 10:56


Tous les anciens d'Afrique vous diront qu'il ne faut jamais s'arrêter après un accident, surtout si un enfant est en cause. C'est malheureux, mais c'est comme ça. Pour les Africains le sang
appelle le sang. Et que vous soyez blanc ou noir, si vous avez occasionné un accident vous devez être puni. A l'époque coloniale il était conseillé de filer au plus vite vers un poste de
police ou une gendarmerie pour se mettre sous la protection des autorités.


Ce genre d'histoire m'est arrivé au début des années 60 avec un ami Portugais. Nous avions renversé à la Cité africaine de Pte-Noire un cycliste. Nous avions filé immédiatement à la
gendarmerie de la Cité, pour nous mettre sous la protection des gendarmes, qui étaient déja prévenus de l'accident et avaient sorti les P.M.


Cette chance beaucoup ne l'ont pas eu... Et notamment celui que l'on surnommé "COCO", un ancien d'Afrique, employé au magasin du plateau Electra. Il n'a pas respecté cette
consigne s'est arrêté, après avoir heurté un enfant et a été découpé à la machette. 48 heures d'agonie.


C'est l'Afrique ...!


 

Fabrice 30/06/2013 21:16



La "justice" expéditive peut malheureusement être encore pratiquée aujourd'hui...



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