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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 08:00

Nous voilà partis avec nos valises en direction de Madingou... Nous découvrons cette fois Nkayi de jour, sous un visage un peu plus plaisant que hier soir.

Bon, les rues sont toujours aussi poussiéreuses ! La petite ville s'éveille peu à peu, les boutiques prennent vie, les deux-roues pétaradent...

 

nkayi-rue-poussière

Rue de Nkayi

 

Je ne sais plus trop comment, mais Manu a dû demander la direction à un passant, qui nous a conseillé de suivre une voiture rouge, qui démarre juste devant nous, et va en direction de Madingou.

Nous empruntons alors une grande route goudronnée, mangée peu à peu par la poussière des bas-côtés. On croise des taxis, qui ici sont jaune et blanc, et de nombreuses personnes qui cheminent, plus ou moins chargées de produits divers.

 

nkayi-rue-goudron-taxi

Voie goudronnée de Nkayi

 

Ensuite, nous zigzaguons dans les faubourgs de la ville, entre les petites maisons en brique... La présence de notre véhicule provoque parfois l'étonnement des habitants ou la curiosité des enfants. Nous suivons toujours notre voiture rouge, au coffre bien rempli, dans ce labyrinthe.

 

nkayi-rue-maison-brique

Maisons de Nkayi

 

Enfin, nous sortons de la ville, traversons une rivière sur un étroit pont et remontons pour rejoindre la Nationale 1. Les travaux n'étant pas encore passés par là, c'est une piste rouge de latérite bien tassée. 

 

nkayi-nationale-madingou

Nationale 1 entre Nkayi et Madingou

 

La route est globalement en bon état, très encaissée dans un premier temps et bordée de végétation haute, si bien que l'on ne voit rien du tout du paysage. Le camion donne l'échelle sur le cliché ci-dessus.

 

Enfin après une petite demi-heure de route, l'horizon s'éclaircit et je peux observer de nombreux petits villages le long de la route. Les maisons en brique blotties au milieu de la végétation luxuriante sont charmantes. 

 

nkayi-bouenza-village-brique

Maison d'un village de la Bouenza

 

A un moment, on nous fait signe, pour nous vendre du poisson me dit Manu. Ce n'est pas prévu à notre programme d'empester la voiture toute la journée ! Désolé...

  

nkayi-plaine-savane-madingou

Savane bordée de collines

 

Le paysage change peu à peu et nous traversons une grande plaine, paysage de savane parsemée d'arbustes et de quelques grands arbres élancés. Au loin, les collines nous offrent leur dégradé de vert, dont le sommet est ennuagé. La route est parfois déviée à cause cette fois des travaux d'aménagements de la nouvelle nationale qui ont commencé.

La bifurcation vers Madingou ne doit plus être très loin...

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 19:00

La nuit s'installe peu à peu quand nous arrivons dans les faubourgs de Nkayi et quittons l'immense plaine couverte de cannes à sucre. Notre guide Brice veut nous conduire à l'hôtel "Mabiala". Nous passons à côté de l'usine Saris I, dont la carcasse de ferrailles émergeant de la pénombre ne rassure pas vraiment. La ville est poussiéreuse et mal éclairée, nous slalomons dans ce qui doit être le centre-ville. Plusieurs tas de terres barrent les rues empruntées à cause de travaux. Enfin, ce sont plus des chemins que des rues car le goudron est l'exception !

La première impression sur Nkayi lors de ce premier contact n'est donc pas fameuse...

 

Faisant confiance à Brice, après être passé près de la cathédrale, nous arrivons dans une impasse et nous nous garons sur un mini-parking près de l'hôtel. L'hôtel n'est pas éclairé et je commence  à me demander s'il n'est pas fermé... Mais non, nous trouvons quelqu'un à l'accueil derrière un haut comptoir, si bien qu'on le voit à peine. Pas de clients, pas de lumière !

 

Nous demandons à voir les chambres avant de nous décider. Bon, ce n'est pas un hôtel de premier choix, mais c'est globalement propre. Je remarque tout de même dehors la présence de gros cafards morts, et un autre cette fois bien vivant, galopant dans une chambre. J'évite de choisir celle-là ! Les chambres sont dispersées dans de petits recoins et à force de tourner dans les couloirs, on ne sait plus trop où on en est. Les chambres sont humides car on applique visiblement le même principe : pas de clients, pas de clim ! Ce qui est catastrophique pour la conservation des lieux en bon état.

Je choisis une chambre près du restaurant, qui a l'avantage d'être plus au calme car ne donnant pas directement sur l'extérieur. Je me méfie maintenant... s'il y a un muezzin dans le coin !!

Etrangement, la salle de bains est plus grande que la chambre. Elle comporte de grands placards dont les portes ne tiennent pas fermées... J'ai aussi sur mon lit, une superbe couverture "Titi", le célèbre canari me tiendra ainsi compagnie.

 

nkayi-hotel-mabiala-lit

Chambre de l'hôtel

 

Manu et Christ aussi ont fait leur choix. Marché conclu avec le "gardien" ! Je m'aperçois que Brice est parti sans demander son reste... Je n'ai pas pas eu le temps de le remercier. Manu et moi le regrettons, mais peut-être l'hôtelier lui donnera t-il une "gratification" pour lui avoir trouvé des clients ?

 

Nous demandons si nous pouvons manger sur place, car l'hôtel fait aussi restaurant. Un peu fatigué, je n'ai pas envie de ressortir. Par contre, il n'y a pas de choix, c'est carpe braisée ou rien. Nous passons commande de riz et de manioc, car il y a un délai d'attente. Chacun va défaire ses valises et se reposer dans sa chambre. 

Retour au restaurant une heure plus tard. Décoration un peu kitsch, comme souvent. Nous commandons comme de coutume une bière. Les plats sont prêts à l'heure prévue. Il n' y a qu'un couple comme autres clients. En discutant avec le serveur et le cuisinier, ils nous expliquent que les carpes viennent congelées directement de Pointe-Noire !! Aïe...

Manu peste à juste titre parce qu'il aime bien manger des produits venant du pays où il séjourne. Il n'a pas tort ! De mon côté, ce genre de transport ne m'inspire guère confiance quand on connaît le respect de la chaîne du froid au Congo... Nous mangeons tout de même de bon appétit, car nous n'avons pas mangé grand-chose à midi. Nous verrons après s'il y a des effets... Après le repas, nous ne faisons pas de vieux os, demain, objectif les chutes de la Bouenza !

 

 

Réveil vers 7h45. Finalement, je n'ai pas mal dormi, bien mieux en tout cas qu'à Dolisie sur mon lit dur comme du béton ! Seul inconvénient, la clim bruyante, non réglable, donnant sur le lit. Soit on a chaud sans, soit on a froid avec... Je l'ai arrêté dans la nuit, mais après l'eau refoulait dans la chambre ! Flic, floc, flic, floc... 

On découvre les autres petits défauts au fur et à mesure. Lampe de chevet inopérante à cause d'une prise rongée par l'oxydation, ampoule grillée du plafonnier... Bon point, pas de coupure d'électricité, seulement des baisses de tension.

 

Petit déjeuner classique, "continental" dit-on. Enfin, après discussion sur ce qu'est un "vrai" café. Discussion entre Manu, le serveur et moi. On nous répond positivement, il y a du "vrai" café, et on nous apporte du Nescafé ! Quel dommage dans un pays où on en cultive, et où on pourrait en cultiver beaucoup plus... Donc pas de "vrai" café, mais on nous trouve une meilleure marque de café lyophilisé.

 

J'ai remarqué au fond du restaurant un objet accroché au mur qui détonne du reste. J'en parle au cuisinier. Ce dernier me prend par la main pour m'emmener le voir de plus près et m'expliquer de quoi il retourne ! Inhabituel, mais tellement gentil. 

 

 

nkayi-hotel-arbalète-teke

Arbalète de chasse Batéké

 

Mon interlocuteur, de très petite taille (j'ai l'impression d'être grand, ce qui n'est pas fréquent...), m'explique qu'il s'agit d'une arbalète Batéké. Elle ne provient pas de la région de Nkayi. Ce n'est pas une arme de guerre, mais une arbalète pour chasser les petits animaux. Il prend comme exemple, les rats qui se cachent dans les tas de bois.

L'objet est en bois et en osier (ou liane ?). La flèche est lestée par des touffes de poils. Pour la corde à tendre, je ne sais pas de quel matériau il s'agit.

 

En payant la facture, nous discutons avec le responsable de l'hôtel qui vient d'arriver. Manu l'interroge sur le "meilleur" chemin à suivre pour rejoindre les chutes de la Bouenza depuis Nkayi. En passant par Sibiti, cela fait un sacré détour, mais la piste est en bon état, du moins on en est sûr jusqu'à cette ville. Notre homme, à l'allure toute militaire, nous conseille plutôt de passer par le bac de Madingou et ensuite de remonter la piste jusqu'à Kimandou puis de bifurquer vers Moussanda, avant d'atteindre le barrage de Moukoukoulou et les chutes de la Bouenza.

 

carte-niari-bouenza-barrage

Extrait d'une carte du CONGO - Hydrographie - Jacob=Nkayi (1:2000000. 1969 - © IRD)

 

On devrait passer sans problème avec notre 4x4... Nous allons gagner c'est sûr en kilométrage, mais en temps ?

 

Avant de partir, Manu m'explique que l'on nous a lavé notre véhicule. Il me tend un mot griffonné au dos d'un ancien reçu d'avance de salaire : "Chefs, La voiture est lavée depuis la nuit. Veuillez remettre au petit Ernest tout ce que vous me proposer. Je repasserais. Mes salutations, le Gardien". A part quelques fautes, l'écriture est belle. Je n'avais rien demandé, mais bon, je ne vais pas refuser de donner un petit billet au laveur de voiture...


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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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