Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 15:30

Un peu en retrait de la route, j'aperçois derrière un rempart de hautes herbes, un long bâtiment au toit recouvert de tôles rouillées.

 

moukondo-leproserie-dolisie-1

Bâtiment masqué par la végétation

 

J'emprunte pour y accéder un chemin situé à gauche qui conduit également à un petit village. Le bâtiment est assez imposant avec sa galerie de 5 arcades, adossée à un pavillon légèrement plus élevé.

 

 

moukondo-leproserie-dolisie-2

Pavillon de l'ancienne léproserie 

 

Le crépi ocre de la façade masque des murs en brique rouge et comporte ça et là des graffitis. Les huisseries sont plus ou moins défoncées.

 

Nous effectuons le tour du bâtiment qui accueillait autrefois des lépreux. Des habitants du village voisin ont mis du linge à sécher. Une corde est tendue à partir d'un sapin, arbre exotique ici, importé par les européens.

 

moukondo-leproserie-dolisie-3

Ancienne léproserie de Moukondo

 

Nous gravissons ensuite les quelques marches qui mènent à la galerie. Le plafond est défoncé, les fenêtres en piètre état... Je jette un oeil à l'intérieur. On devine des dortoirs dans la galerie et dans le pavillon une partie consacrée probablement aux bureaux. 

 

moukondo-leproserie-dolisie-4

Vue intérieure du perron avec arcades

 

Nous demandons à un villageois qui passe sur le chemin, depuis quand la léproserie est fermée. Il nous répond depuis 1989. Voilà donc plus de 20 ans que le bâtiment est abandonné... Je lui demande où sont passés les lépreux. Il m'indique qu'ils sont morts ou bien partis ailleurs. Je n'ai pas trouvé d'informations précises quant à l'histoire de cette léproserie. De quand date t-elle ? Probablement du milieu des années 1950, quand les grandes campagnes de lutte contre la lèpre ont été lancées (1953-1958). Qui étaient les soignants ? Des civils ou des religieux ?

D'après un témoignage, des soeurs s'occupaient des malades à la fin des années 1950. Les lépreux habillés d'un pagne, avaient une clochette pour signaler leur présence et s'aidaient d'un bâton pour se déplacer. Leurs visages rongés par la maladie ne manquaient pas d'effrayer les personnes rencontrées...

  

Avec Christ, nous imaginons la réutilisation de l'édifice à des fins touristiques. Pourquoi pas un relais-bar ou un petit restaurant face au baobab de Brazza ? Si le tourisme se développe, l'emplacement est idéal et d'ici on oublie le sinistre péage...

 

 

Note :

Il existait une autre léproserie au nord de Dolisie, sur la route du Gabon, à Mafubu (Mafoubou). Le bâtiment que l'on voit partiellement, en arrière plan, possède une série d'arcades semblable à celle de la léproserie de Moukondo.

 

leproserie-dolisie-mafubu-jandon

Site de la léproserie de Mafubu vers 1950 (© Yves Jandon)

 

Il est écrit "Centre de traitement de la lèpre" avec le sigle S.G.H.M.P. (secteur 2). La léproserie était donc gérée par le "Service Général d’Hygiène Mobile et de Prophylaxie", service médical mis en place à partir de 1945 en AEF, dans le sillage des actions du Dr Gaston Muraz (1887-1955), par son adjoint et successeur, le Dr Pierre Richet (1904-1983). Le service avait pour but de combattre les maladies infectieuses tropicales, en formant des soignants, en effectuant des campagnes de dépistage et en se rendant au plus près de la population à traiter. D'où le caractère "mobile" du service et l'implantation de léproseries en "brousse".


Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Niari
commenter cet article
15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 15:00

Dernière halte avant l'étape de Dolisie, au pied du Baobab de Brazza. Nous passons le péage de Moukondo, qui lui aussi est gratuit pour le moment. Inauguré le 22 décembre 2011, après 4 ans de travaux, le tronçon Pointe-Noire / Dolisie représente 160 km de route. La partie la plus délicate de la RN1 est réalisée, reste maintenant la portion Dolisie-Brazzaville. La traversée du Mayombe n'est plus une aventure... si on excepte les risques routiers accrus !


L'environnement autour du baobab a lui aussi changé... Je ne suis guère emballé par les aménagements modernes de celui-ci. Le vénérable arbre a perdu sa corolle d'herbes folles. Il est cerclé au pied par une sorte de trottoir (mélange de béton et de graviers), des bancs en béton (sans dossier) sont disposés autour. La route passe toujours au ras de l'arbre, mais c'est désormais une 4 voies bitumée. Enfin, le petit manguier qui jouxtait son tronc a été coupé et le panneau d'informations touristiques a disparu.

 

mayombe-baobab-dolisie-2012

Baobab de Brazza en 2012

 

Mais le pire, c'est la proximité avec le péage (photo prise lors du retour, avec un ciel plus nuageux). C'est le jumeau de celui de Mengo (cf Nouvelle traversée du Mayombe... nouvelle route ! ), mais pour moi il est implanté beaucoup trop près de l'arbre historique. Pourquoi ne pas l'avoir mis plus tôt, avant le virage, ce qui aurait permis de le masquer derrière la colline ? Ou bien après, on est encore loin de Dolisie, ce n'est pas la place qui manque dans cette partie de la plaine peu urbanisée. Ce choix d'implantation n'est vraiment pas une réussite.

 

 mayombe-baobab-peage-moukondo

Baobab sur fond de péage de Moukondo

 

 Je montre à Christ l'inscription historique "EB 1887" (cf A l'approche de Dolisie : le baobab de Brazza). Le baobab est constellé d'inscriptions.

 

mayombe-baobab-brazza-2012

Branche gravée du baobab

 

Je traverse la route avec Christ pour découvrir l'ancienne léproserie située en face, que j'avais zappée lors de mon précédent passage. La végétation devait être plus dense, le chemin d'accès masqué car je ne l'avais point vue. Pendant ce temps, Manu reste à proximité de notre véhicule. 

 

mayombe-baobab-serpent-vert

Serpent sur le "trottoir" du baobab

 

Lors de notre retour, Manu nous présentera une surprise... Encadrés par des enfants, il a vu un serpent longiligne qui rampait sur le sol. Mais il n'a pas rampé longtemps !

Je demande s'il a utilisé la machette, mais non, il l'a tué avec une pierre. Le reptile bouge encore un peu, derniers soubresauts avant le trépas. Est-il descendu du baobab ?


baobab-brazza-tête-serpent-vert

Mamba vert ou "serpent iiane" ?    

 

Sa tête étroite est d'un joli vert, avec deux petits yeux noirs. S'agit-il d'un mamba, serpent arboricole à la sinistre réputation, car très venimeux ? Le corps est par endroit tâcheté de bleu et la queue est très fine. Il fait environ 1 mètre de long, sans doute un jeune individu.

Le "mamba vert" est un nom générique pour désigner plusieurs espèces de la famille des Elapidae. Il pourrait s'agit ici de Dendroaspis jamesoni que l'on trouve au Congo-Brazzaville. Son nom commun est Mamba de Jameson ou Mamba vert de Jameson.

Les "boas" (pythons) sont bien plus impressionnants de part leur taille, mais moins dangereux pour l'Homme que les mambas !

L'autre hypothèse est qu'il s'agisse d'un "serpent liane" (Thelotornis kirtlandii ?). Il est, comme le mamba, arboricole et très venimeux. Sa morphologie en forme de brindille, l'aide à se camoufler dans les branchages. Il est appelé "bird snake" en anglais, car il peut capturer des oiseaux. Mais le plus souvent, il se nourrit de lézards, souris et autres grenouilles.
Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Niari
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories